Activités extérieures

Palais de Tokyo

Le Rêve des formes. Art, Science, etc.

caméléon

Exposition du 14 juin au 10 septembre 2017
De midi à minuit, tous les jours sauf le mardi.

« L’exposition Le Rêve des formes, présentée à l’occasion du vingtième anniversaire de l’école du Fresnoy, est conçue comme un paysage imaginaire, un jardin monstrueux où se cultivent des formes périssables et des surfaces en germination, des organismes protubérants et de plates silhouettes.

Les artistes et chercheurs rassemblés dans Le Rêve des formes témoignent de leur rencontre avec de nouvelles possibilités de représentation, issues de découvertes scientifiques et techniques récentes, qui bouleversent notre façon de voir et de montrer. En renouvelant grâce à cela le champ du perceptible – nanotechnologies, imagerie de synthèse, scan 3D, stéréolithographie… –, ces nouvelles visualisations nous laissent présumer de géométries encore inconnues.

Des images, des transcriptions, des modélisations, des formes spéculatives produites par les inventeurs et savants des sciences prospectives, issues des mathématiques, de la physique, de la biologie, de l’optique ou de la chimie par exemple, rejoignent ou inspirent des œuvres qui résultent des greffes opérées entre art et science, entre spéculation et invention, par une vingtaine d’artistes contemporains. »

Application pour IOS et Android

Cette application a été réalisée pour l'exposition.

« A chacun de nos besoins répond aujourd’hui une application (on dit appli). Dans un monde intelligent (on dit smart), il y a toujours une application pour vous aider à résoudre le problème que vous vous posez. Ou que vous n’avez même plus à vous poser(« qu’est-ce qu’il y a dans le réfrigérateur ce soir? ») puisque la solution aura déjà été apportée par une application…On nous assure que les applications sont d’utilité publique et on apprend qu’en 2017 plus de 200 milliards d’applis auront été téléchargées… Alors, tandis que, par exemple, on suit docilement le chemin où la machine nous conduit, on a le temps de rêver, idée folle, à une application qui ne servirait à rien, une application superbement inutile, une application artiste, si vous voulez, une manière (humble, comme humble est notre proposition) de faire la nique aux algorithmes et à la vie qu’ils nous font... »

Pour télécharger l'application : 

Le rêve des formes-dessin

Jean-François Peyret et Alain Prochiantz participent à cette exposition sous le titre « 98,77 ».
Fruit de la rencontre d'un neurobiologiste, Alain Prochiantz, et d'un metteur en scène, Jean-François Peyret, unis par leur fascination pour les primates, cette facétieuse encyclopédie nous aide à mieux comprendre ce qui nous rapproche des grands singes, tout en épinglant notre présomption et nous tendant un dérangeant miroir.

Avec : Francis Alÿs, Hicham Berrada & Sylvain Courrech du Pont & Simon de Dreuille, Michel Blazy, Juliette Bonneviot, Dora Budor, Damien Cadio, Julian Charrière, Sylvie Chartrand, Clément Cogitore, Hugo Deverchère, Bertrand Dezoteux, Mimosa Echard, Alain Fleischer, Fabien Giraud & Raphaël Siboni, Bruno Gironcoli, Spiros Hadjidjanos, Patrick Jouin, Ryoichi Kurokawa, Annick Lesne & Julien Mozziconacci, Adrien Missika, Jean-Luc Moulène, Marie-Jeanne Musiol, Katja Novitskova, Jonathan Pêpe & Thibaut Rostagnat & David Chavalarias, Olivier Perriquet & Jean-Paul Delahaye, Arnaud Petit, Jean-François Peyret & Alain Prochiantz, Gaëtan Robillard, Gwendal Sartre, SMITH & Antonin-Tri Hoang, Anicka Yi

Commissaires : Alain Fleischer, directeur du Fresnoy – Studio national des arts contemporains et Claire Moulène, commissaire au Palais de Tokyo

En amont de la tenue de l’exposition Le Rêve des formes au Palais de Tokyo, un groupe de recherche a réuni au Fresnoy des artistes (Hicham Berrada, Julien Clauss, Daniel Dobbels, Emmanuel Guez, Arnaud Petit, Olivier Perriquet, Jonathan Pêpe, Jean-François Peyret, Dorothée Smith) et des scientifiques issus de différents champs (Ada Ackerman, David Chavalarias, Joseph Cohen, Jean-Paul Delahaye, Annick Lesne, Alain Prochiantz, Jean-Philippe Uzan, Raphael Zagury-Orly), afin d’explorer collectivement la question de « l’incertitude des formes ». Leurs échanges nourrissent l’exposition et préfigurent le colloque qui sera organisé les 5, 6 et 7 septembre 2017 au Collège de France, à l’invitation de son administrateur général, le neurobiologiste Alain Prochiantz. Les débats de ce colloque seront retransmis en direct au Palais de Tokyo le 6 septembre.

Ex vivo / In vitro

« À Dieu ne plaise ! La procréation telle qu'elle était de mode. Nous la déclarons une vaine plaisanterie » (Goethe, Faust)

Ex vivo / In vitro

Théâtre national la Colline (2011)

Qu'est-ce qu'engendrer, être engendré, d'où viennent les enfants ? Les nouvelles méthodes de procréation relancent les questions qui n'ont jamais lâché l'humanité. Après Tournant autour de Galilée et Les Variations Darwin, Jean-François Peyret et Alain Prochiantz continuent de croiser avec ludisme et humour l'imaginaire du théâtre et celui de la science, et reprennent la question "naître ou ne pas naître", là où ils l'avaient laissée. Cherchant un écho actuel au conflit qui opposa Galilée à l'Église, ce n'est plus sur le terrain de l'astronomie qu'ils le trouvent, mais sur celui des technologies du vivant. Les positions paraissent inconciliables entre un discours religieux qui pose la vie comme un don, et celui d'une pratique scientifique et technique qui considère le vivant comme manipulable. Pour se pencher sur ces nouveaux berceaux: le scientifique, le médecin, le psychanalyste, l'anthropologue, et aussi le juriste, le prêtre, le politique. Sans oublier les "patients" : parents pour qui donner la vie n'est plus un événement plus ou moins heureux, mais un droit, et enfants qui ne savent pas, encore moins qu'avant, d'où ils viennent et revendiquent le droit à leur histoire.

Accéder au site du théâtre national la Colline

L'homme est-il un animal ?

Alain Prochiantz et Philippe Descola

Émission Croisements (France Culture), 31 juillet 2011

Définir l'homme par rapport à l'animal n'est-ce pas le rêve avoué des philosophes depuis le XVIIe siècle ? L'enjeu était de taille, puisqu'il en allait de la définition du propre de l'homme autant que de sa destination. Si le biologiste aujourd'hui admet que l'homme est à peu près un animal comme les autres, tant les différences g$#233:n.#233;tiques entre un grand singe et l'homme sont infimes, il accorde néanmoins de l'importance à la discontinuité existante entre l'homme et l'animal. L'anthropologue semble faire le chemin inverse. Face aux progrès de l'éthologie de terrain, il détrône l'homme d'un certain nombre de suprématies. Il met les capacités cognitives des hommes et des animaux en partage. Notamment sur le plan de la technique. Il respecte également les sociétés animistes qui font de l'homme et des animaux des vivants possédant des qualités autonomes. Un dialogue qui brouille les frontières et redistribue les rôles.

Lire aussi

Alain Prochiantz, Darwin : 200 ans, Éditions Odile Jacob, coll. Collège de France, 2010.
Philippe Descola, Par delà la nature et la culture, Gallimard, 2005.