Activités extérieures

Ex vivo / In vitro

« À Dieu ne plaise ! La procréation telle qu’elle était de mode. Nous la déclarons une vaine plaisanterie » (Goethe, Faust)

Ex vivo / In vitro
Qu'est-ce qu'engendrer, être engendré, d'où viennent les enfants ? Les nouvelles méthodes de procréation relancent les questions qui n'ont jamais lâché l'humanité. Après Tournant autour de Galilée et Les Variations Darwin, Jean-François Peyret et Alain Prochiantz continuent de croiser avec ludisme et humour l'imaginaire du théâtre et celui de la science, et reprennent la question "naître ou ne pas naître", là où ils l'avaient laissée. Cherchant un écho actuel au conflit qui opposa Galilée à l'Église, ce n'est plus sur le terrain de l'astronomie qu'ils le trouvent, mais sur celui des technologies du vivant. Les positions paraissent inconciliables entre un discours religieux qui pose la vie comme un don, et celui d'une pratique scientifique et technique qui considère le vivant comme manipulable. Pour se pencher sur ces nouveaux berceaux: le scientifique, le médecin, le psychanalyste, l'anthropologue, et aussi le juriste, le prêtre, le politique. Sans oublier les "patients" : parents pour qui donner la vie n'est plus un événement plus ou moins heureux, mais un droit, et enfants qui ne savent pas, encore moins qu'avant, d'où ils viennent et revendiquent le droit à leur histoire.
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L'homme est-il un animal ?

Alain Prochiantz et Philippe Descola

Émission Croisements (France Culture), 31 juillet 2011

Définir l'homme par rapport à l'animal n'est-ce pas le rêve avoué des philosophes depuis le XVIIe siècle ? L'enjeu était de taille, puisqu'il en allait de la définition du propre de l'homme autant que de sa destination. Si le biologiste aujourd'hui admet que l'homme est à peu près un animal comme les autres, tant les différences génétiques entre un grand singe et l'homme sont infimes, il accorde néanmoins de l'importance à la discontinuité existante entre l'homme et l'animal. L'anthropologue semble faire le chemin inverse. Face aux progrès de l'éthologie de terrain, il détrône l'homme d'un certain nombre de suprématies. Il met les capacités cognitives des hommes et des animaux en partage. Notamment sur le plan de la technique. Il respecte également les sociétés animistes qui font de l'homme et des animaux des vivants possédant des qualités autonomes. Un dialogue qui brouille les frontières et redistribue les rôles.

Lire aussi

Alain Prochiantz, Darwin : 200 ans, Éditions Odile Jacob, coll. Collège de France, 2010.
Philippe Descola, Par delà la nature et la culture, Gallimard, 2005.