Traverser les frontières

Espace et structure, cinéma et architecture

Espace et structure, cinéma et architecture

Espace et structure, cinéma et architecture

Ni l’architecture ni le cinéma ne sont des arts intimes. À la différence du peintre devant sa toile, il s’agit de création collective qui impose de mobiliser un grand nombre de collaborations. Et dans ces deux médiums il s’agit de traduire des textes en formes. L’architecte reçoit un programme qui précise les fonctions, le site, le budget, les matériaux etc., mais ce ne sont que des textes qu’il doit transformer en élaborant une forme spatiale en trois dimensions. Un cinéaste travaille avec un scénario, et là aussi ce ne sont au départ que des mots. Le processus créatif consiste à convertir ces mots en images, en une forme temporelle. Dans le type de cinéma que je défends, il est possible de mettre en œuvre un processus artisanal, capable de se transformer en permanence pour accueillir le hasard et les contingences, en maintenant ouvert le dialogue avec l’équipe et la possibilité de constamment réinterpréter les paramètres du projet.

Lullaby to my father
Amos Gitaï suit le parcours de Munio, son père, né en 1909 en Silésie (Pologne), fils du métayer d'un junker prussien. À l'âge de 18 ans, Munio part à Berlin et à Dessau pour étudier au Bauhaus, auprès de Walter Gropius, Vassilli Kandinsky et Paul Klee. En 1933, le Bauhaus est fermé par les nazis, qui accusent Munio de trahison envers le peuple allemand. Munio est emprisonné, puis expulsé à Bâle. Il part pour la Palestine. À son arrivée à Haïfa, il entame une carrière d'architecte et il adapte les principes européens modernistes du Moyen-Orient.
« Le film est un voyage à la recherche des rapports entre un père et son fils, architecture et cinéma, événements historiques et fragments de souvenirs intimes. Cela tient du puzzle, et plus encore du kaléidoscope, les voix se mêlent tout comme les visages de Jeanne Moreau, Hanna Schygulla, les photos abîmées, les souvenirs, les vestiges. La quête est toute personnelle, c'est ainsi que, précisément, elle devient universelle, associant relation à sa terre et à l'histoire de celle-ci (le parcours de la famille Gitaï est indissociable de la fondation de l'État d'Israël), enracinement et vagabondage, attirance et répulsion. » (Pascal Mérigeau, CinéObs, 17 janvier 2013)

Lullaby to my father (2011), version intégrale

Lettres reçues par Munio Weinraub lors de ses études au Bauhaus, puis après son expulsion en Suisse :

Lettre Munio bauhaus 1

Attestation de Mies van der Rohe certifiant que Munio Weinraub a supervisé la construction du pavillon allemand pour l’exposition « L’habitat de notre temps », en travaillant dans son atelier de novembre 1930 à mai 1931. Archives personnelles d’Amos Gitaï. 

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Lettre Munio bauhaus 2

Attestation de Mies van der Rohe certifiant que Munio Weinraub a suivi des enseignements au bauhaus de Dessau d’octobre 1931 à mars 1932. Archives personnelles d’Amos Gitaï. 

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Lettre Munio bauhaus 3

Lettre signifiant que Munio Weinraub ne peut plus suivre l’enseignement de l’école d’art de Francfort (1933). Archives personnelles d’Amos Gitaï. 

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