Épigraphie et histoire des cités grecques - Réédition de la vidéo de la leçon inaugurale du Pr knoepfler

Une coproduction Collège de France - CNED

Extrait : Mon point de référence sera la cité grecque, ce concept de polis, qui a fait en ces derniers temps l’objet de nombreuses études, notamment dans le cadre de la vaste enquête internationale menée depuis dix ans sur ce thème par The Copenhagen Polis Centre dirigé par notre dynamique collègue danois Mogens Hansen et ayant abouti au recensement de plus de mille cités pour la seule époque archaïque et classique ! En quoi notre connaissance des poleis de l’Asie Mineure se trouve-t-elle enrichie par cette masse inespérée de nouvelles inscriptions de toute nature, documents qui ont été largement laissés en dehors du projet de Copenhague pour la bonne et simple raison — à vrai dire trop simple pour être vraiment bonne — qu’ils appartiennent en majeure partie à la période hellénistique et romaine ?
C’est d’abord une affaire de nombre : l’inventaire des cités ne cesse de s’allonger. Bien sûr, celles qui viennent ainsi s’ajouter à la liste des poleis déjà connues ne sont pas, en règle générale, de très grandes cités qui auraient jusqu’ici curieusement échappé à l’attention des archéologues et des historiens. Il n’empêche que plusieurs d’entre elles, en diverses régions un peu excentriques, peuvent avoir été dotées d’une importance locale non négligeable : ainsi, au fin fond de la Phrygie, cette ville de Toriaion ou Tyriaion établissement militaire macédonien dont les habitants furent autorisés vers 180 avant J.-C. — comme nous l’a appris naguère un ensemble très original de lettres émanant du roi Eumène II de Pergame — à former sous certaines conditions un corps civique ou politeuma avec la population indigène du voisinage ; il en va de même, selon toute apparence, des Angeireis de Pisidie ou de Pamphylie, peuple dont un beau décret hellénistique est venu nous enseigner qu’il formait une cité parfaitement organisée et non dépourvue de ressources, alors qu’aucun texte littéraire n’en faisait la moindre mention, mis à part un passage corrompu du De lege agraria de Cicéron. L’apparition régulière de nouvelles cités, quelle que soit leur taille, confirme donc l’extrême morcellement de la carte politique du monde grec et de l’Asie Mineure en particulier...

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