Biographie

Né le 24 octobre 1952 à Metz, François Déroche a fait ses études secondaires à Nancy. Entré 1er à l’École normale supérieure en 1973 après des classes préparatoires au lycée Henri IV à Paris, il est agrégé de lettres classiques en 1976. Après une année de stage d’agrégation, il est recruté en 1979 par la Bibliothèque nationale comme pensionnaire scientifique, chargé de préparer le catalogue des manuscrits du Coran. Les deux volumes décrivant la collection et jetant les bases d’une paléographie des écritures arabes anciennes paraissent en 1983 et 1985.

Nommé pensionnaire scientifique à l’Institut français d’études anatoliennes à Istanbul en 1983 pour une durée de trois ans, il restera dans cette ville deux années supplémentaires grâce à une bourse de la Fondation Max van Berchem (Genève) : il travaille principalement sur la collection de fragments de manuscrits provenant de la grande mosquée de Damas et conservés au Musée des arts turc et islamique, mais aussi dans les divers fonds de manuscrits. Durant son séjour à Istanbul, il achève sa thèse de doctorat sur l’oasis de Dedan/al-‘Ulâ qu’il soutient en 1987. Il y organise également le premier colloque international sur la paléographie et la codicologie des manuscrits du Moyen-Orient. Par la suite, il organisera les deuxième (à Paris en 1994) et troisième (à Bologne en 2000) colloques et collabore à la préparation d’une quatrième réunion de ce genre à Madrid (2010).

À son retour en France en 1988, François Déroche est affecté dans l’enseignement secondaire, d’abord en région parisienne, puis à Auneau et Châteauneuf-en-Thymerais. En 1990, il est élu directeur d’études à la Section des sciences historiques et philologiques de l’École pratique des hautes études (Histoire et codicologie du livre manuscrit arabe). Dans le cadre de sa direction d’études, il réunit des matériaux sur la codicologie et l’histoire des manuscrits en écriture arabe. Entre 1992 et 2005, il assure la direction de la « Jeune équipe » Manuscrits du Moyen-Orient qui lui permet de faire progresser considérablement les recherches dans ce domaine. Dans le même temps, il poursuit ses travaux sur les premières écritures de l’islam et l’histoire de la mise par écrit du Coran. Il codirige à ce titre le projet ANR franco-allemand Coranica (2011-2014).

À l’EPHE, il a siégé au conseil d’administration et au conseil scientifique. Il y a également assumé la responsabilité du DEA « Méthodes de l’histoire, de l’histoire de l’art et de l’archéologie » au sein de l’École doctorale de la section des sciences historiques et philologiques de l’EPHE (1997-2001), puis celle de la mention « Islamologie et mondes musulmans » au sein de la mention Études européennes, méditerranéennes et asiatiques du master de cet établissement (2000-2011).

En 2014, François Déroche est élu professeur au Collège de France (Histoire du Coran. Texte et transmission). Il poursuit ses recherches sur les débuts de la transmission du texte coranique dans le cadre du projet ANR franco-allemand Paléocoran (2015). En 2016, un senior grant ERC lui est accordé pour travailler sur l’histoire intellectuelle et culturelle du Maroc saadien (projet SICLE). À ce jour (2017), il a publié une dizaine de livres, édité dix colloques et fait paraître plus d’une centaine d’articles.

D’abord vice-président puis président de la Société pour l’étude du Maghreb préhistorique, antique et médiéval, il dirige l’organisation des journées d’étude en collaboration avec l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres dont il a été élu correspondant le 26 octobre 2000, puis membre le 28 janvier 2011 ; il participe également à la préparation des colloques de cette société, à Tripoli (2005), à Caen (2009) et à Aix et Marseille (2014). De 1998 à 2009, il a en outre assuré la direction du Programme pluri-formations « Réseau inter-universitaire d’études sur l’Afrique du Nord antique et l’islam médiéval » qui fédérait des recherches sur l’Afrique du Nord.

Devenu vice-président du Comité international du Congrès international d’art turc (ICTA) en 1999, il participe à la préparation du congrès d’Amman en 2003. Élu alors président, il organise celui de Budapest (2007) et supervise avec Gilles Veinstein la préparation de celui de Paris (2011).

Chevalier de la Légion d’honneur (2008). Commandeur des palmes académiques (2009). Médaille de bronze du CNRS (1988). Membre de la Société asiatique (1976). Président du Comité international du congrès d’art turc. Président de la Société pour l’étude du Maghreb préhistorique, antique et médiéval. Membre du Conseil scientifique de la Fondation Max van Berchem (Genève). Membre du CTHS (section d’Archéologie et histoire de l’art).