Hommage

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François Jacob

Né en juin 1920 à Nancy, François Jacob est le fils unique de Simon Jacob et de Thérèse Franck, tous deux issus de familles juives aux convictions fortes mais étonnamment divergentes. De son père, qui conjugue pratique religieuse et opinions radical-socialistes, François Jacob écrira qu’il alliait « le goût de la tradition à celui de la révolution[1] ». Sa mère, agnostique voire athée, est politiquement beaucoup plus conservatrice. François grandira dans l’affection et la tendresse de cette femme, morte en juin 1940, « …à temps, écrit-il, pour ne pas connaître l’horreur, […] la fuite devant l’étoile jaune[2] ». Mais « son idéal, son modèle », pour reprendre ses propres mots, François Jacob le trouve à Dijon, auprès de son grand-père maternel, Albert Franck, auquel il voue, dit-il, « une sorte d’adoration[3] ». Premier juif à atteindre le grade de général de corps d’armée, Albert Frank, « le général », comme il l’appelle, lui fit tout à la fois entendre que « le ciel était vide » et comprendre qu’« il y avait une terre à remplir[4] ». Enfant, c’est sur lui qu’il s’appuiera pour se construire « une représentation d’un monde cohérent ». De sa scolarité au lycée Carnot à Paris, il gardera le souvenir d’une école de la République moins soucieuse d’enseigner que de « mater les jeunes, les uniformiser, les couler tous dans le même moule[5] ». Après le baccalauréat, attiré par la chirurgie, il débute des études de médecine, vite interrompues par la guerre.

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juin 2014

Christine Petit et Philippe Sansonetti

 

[1] F. Jacob, La statue intérieure, Paris, Odile Jacob, 1987 ; Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1990, p. 78.

[2] Ibid., p. 35.

[3] Ibid., p. 56.

[4] Ibid., p. 82-83.

[5] Ibid., p. 118.


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