Équipe

Doctorants et doctorantes sous la direction du professeur François-Xavier Fauvelle

Patrice Georges

Patrice Georges

La pourriture escamotée : cachez ce cadavre que je ne saurais voir ! Quelques destins post mortem de la protohistoire à nos jours à la lumière de l'archéo(thanato)logie

Résumé : L’approche de Louis-Vincent Thomas a sans aucun doute aidé à faire comprendre le rôle majeur de la pourriture dans le déroulement des pratiques funéraires. La thanatologie, qui n’est pas une science de la mort mais le regroupement de tous les savoirs dont c’est le sujet, a en effet pour voie de recherche, parmi tant d’autres, le vécu de la mort pour les proches du défunt en général et les techniques de gestion du cadavre en particulier. Son œuvre magistrale, qui n’a véritablement connu aucune frontière épistémologique, n’a cependant que trop rarement intégré les données de l’archéologie. Surtout, ce chercheur étant mort il y a plus de vingt ans, ses travaux ne tiennent de fait pas compte des résultats les plus récents de l’archéothanatologie des ensembles funéraires. Or, cette discipline relativement récente, qui a modifié la façon de fouiller et d’étudier les sépultures, est primordiale pour la connaissance des sociétés du passé ; elle permet aujourd’hui d’apporter des éléments de réflexion sur la complexité de la gestion du cadavre, de son traitement à sa réification. À cet égard, la pourriture apparaît comme un élément clé de la grille de lecture de la variabilité des pratiques funéraires à travers les âges, qu’il s’agisse de la cacher, de l’accélérer, de la dépasser ou même de l’abolir. En outre, il revient à l’archéologue de distinguer ce qui relève de l’intention du groupe inhumant des phénomènes taphonomiques. C’est ce que ce travail montre, qu’il s’agisse de cas de crémations ou d’embaumements ou encore de l’étude inédite d’un ensemble funéraire fouillé récemment en Angola. Appréhender le défunt sous l’angle de la décomposition, et des stigmates de cette dernière dans le sol, permet aussi de proposer des réflexions méthodologiques dans le cadre d’affaires judiciaires (« archéologie forensique »).

Thèse dirigée par François-Xavier Fauvelle (Collège de France)

1re inscription en octobre 2015

Djimet Guémona

Djimet Guémona

La paléométallurgie dans la région du Guéra (centre du Tchad)

Résumé : Située au sud-est du bassin du lac Tchad, le Guéra n’a jusqu’à présent bénéficié d’aucun travail de recherche archéologique. Pourtant, cette région possède un riche patrimoine métallurgique. Croisant informations orales et données archéologiques, la présente étude est une contribution à l'histoire de la production sidérurgique. À cette fin, nous cherchons à déterminer les impacts techniques, économiques et humains de la sidérurgie dans la région. Ce qui nous amène à nous interroger sur l’identité des métallurgistes et les techniques de réduction employées, la quantité de scories produites et la mise en place de l’activité métallurgique.

Thèse codirigée par François-Xavier Fauvelle (Collège de France) et Caroline Robion-Brunner (CNRS, laboratoire TRACES, Toulouse)

Boursier de l’État français (ambassade de France à N’Djaména)

1re inscription en octobre 2016

Alebachew Belay Birru

Alebachew Belay Birru

Megalithic Monuments in the Central Highlands of Ethiopia:  An Archaeological Exploration

Abstract: Hundreds of megalithic monuments in the Central Highlands of Ethiopia belong to a particular medieval megalithic culture called the “Shay Culture”. The present PhD project has the main target of defining the spatial and typological frameworks of this culture. Archaeological fieldworks increased the corpus of megalithic monuments (mainly tumuli) to over 300 and broadened both the spatial and typological scope of megalithism in the region. Based on differences in typology, morphology and composition, these monuments were further classified into different groups which in turn enabled to hypothesize the routes of diffusion of megalithism in the Central Highlands. In addition, local memories and ritual practices associated with these megalithic monuments are quite diverse and imply the change and continuities in the religious transformation from Paganism to Christianity. Upon completion, the present project will be followed by sub-surface investigation of selected megalithic structures.

Thèse dirigée par François-Xavier Fauvelle (Collège de France) et Deresse Ayenachew (Aix-Marseille Université, projet HornEast).

Boursier de l’État français (ambassade de France à Addis Abeba)

1re inscription en octobre 2016

Daniel Kumah

Daniel Kumah

Begho (Ghana) Revisited: An archaeology of Urbanization, Trade and Craftmanship

Abstract: Begho, a medieval urban market town in pre-modern Ghana, flourished from around the 14th-15th century to the mid-18th centuries AD. Begho’s beginnings and developments are associated to its location, which made it an entrance to the gold, kola nut and ivory from the forest areas to the Middle Niger and beyond. Using a multi-disciplinary approach of oral sources, written documents, archaeological surveys, excavations and the study of artefacts from museums, it is hoped that our knowledge of early urbanization, long distance and craftsmanship in Ghana will be enlightened.

Thèse codirigée par François-Xavier Fauvelle (Collège de France) et Caroline Robion-Brunner (CNRS, laboratoire TRACES, Toulouse)

Boursier de l’État français (ambassade de France à Accra)

1re inscription en octobre 2017

N'tcha Gérard Tidouo-Kouagou

N'tcha Gérard Tidouo-Kouagou

La paléométallurgie dans la région de l’Atakora (nord-ouest du Bénin)

Résumé : À l’instar des autres régions de la République du Bénin, l’Atakora a connu le travail du fer. Cette activité est perceptible à travers la présence d’anciens puits de mine, des amas de scories, des fourneaux de réduction et des parois de four, la référence aux activités métallurgiques dans la toponymie et les panégyriques. Les quelques données actuellement disponibles montrent que cette région a connu, à une période non encore établie avec précision, une large extension de la métallurgie du fer. Les activités métallurgiques dans l’Atakora ont dû mobiliser plusieurs groupes de populations et jouer un rôle important dans leurs rapports avec les ressources naturelles et dans les relations entre communautés. En outre, jusqu'aux alentours des années 1940 selon les données des enquêtes orales disponibles, la métallurgie du fer fut une activité économique pratiquée par des groupes socioculturels tels que les Yowa, les Tangba, les Waaba. Les Bètammaribè et les Lokpa, quant à eux, sont des spécialistes de la métallurgie secondaire. Tous ces groupes ont été identifiés comme des populations ayant occupé la région entre le VIe et le XIVe siècle.

Thèse codirigée par François-Xavier Fauvelle (Collège de France), Caroline Robion-Brunner (CNRS, laboratoire TRACES, Toulouse) et Didier Ndah (université d’Abomey-Calavi, Bénin)

Boursier de l’État français (ambassade de France à Cotonou)

1re inscription en octobre 2019

Manon Routhiau

Manon Routhiau

L’activité rupestre et la culture troglodytique à Lalibela et dans sa région (Éthiopie)

Cette thèse vise à établir un inventaire et une cartographie précis des aménagements troglodytiques observables dans le paysage de Lalibela et sa région. Le site de Lalibela est un ensemble de monuments et d'églises rupestres longtemps attribué au seul roi Lalibela (XIIe-XIIIe siècle). Les travaux de recherche réalisés jusqu'ici, notamment par une équipe codirigée par Claire Bosc-Tiessé et Marie-Laure Derat, ont montré que le site résulte de multiples phases de creusement, les plus anciennes relevant d'une phase troglodytique encore très mal documentée. En outre, le site, à vocation culturelle ou politique, n'a pour l'instant pas livré de vestiges d'habitats. Il est cependant possible que celui-ci soit à chercher du côté de nombreuses cavités anthropiques repérées dans les parois rocheuses de la région. À terme, le projet a pour ambition de réaliser une étude typologique et/ou technologique de ces structures et d’établir une mise en relation de celles-ci avec les recherches menées sur le site même de Lalibela.

Thèse codirigée par François-Xavier Fauvelle (Collège de France) et Marie-Laure Derat (CNRS, laboratoire Orient & Méditerranée, Paris).

Allocataire de recherche du CNRS (INSHS), en alternance au laboratoire TRACES de Toulouse et au Centre français des études éthiopiennes à Addis Abeba.

1re inscription en octobre 2019