Gabriele Veneziano
Particules élémentaires, gravitation et cosmologie
Colloque de rentrée 2010
Gérard Berry
Directeur de recherches à l'INRIA, Professeur au Collège de France (2008-2010)10h00 La révolution numérique dans les sciences
Jean-Paul Clozel
Président d’Actelion Pharmaceuticals Ltd, Professeur au Collège de France (2006-2007)11h10 Recherche académique et industrie biotechnologique
Denis Le Bihan
Directeur de recherches au CEA, Directeur et fondateur de Neurospin, médecin et physicien, Professeur à l’Université de Kyoto
11h50 Les moyens lourds des sciences cognitives et leurs résultats
Claudine Tiercelin
Professeur de philosophie à l’Université Paris XII, Institut Universitaire de France12h15 Discutant
Jean-Paul Demoule
Professeur d’archéologie à Paris I, ancien Président de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives)
14h00 Nouveaux moyens, nouveaux financements, nouvelles problématiques en archéologie
Hervé Le Bras
Directeur d’études à l’EHESS14h40 Nouveaux outils, nouvelles controverses en démographie
Brigitte Dormont
Professeur d’économie à l'Université Paris-Dauphine, Directrice de la Chaire Santé de la Fondation du Risque15h05 Discutant
Roland Castro
Architecte-urbaniste15h20 Restructuration des "quartiers", construction des villes nouvelles
Michel Lussault
Professeur de géographie à l’ENS-Lyon, Directeur de l’Institut d’urbanisme de l’ENS de Lyon15h45 Discutant
Daniel Renoult
Doyen de l’Inspection Générale des bibliothèques16h25 Bibliothèques de recherche et information scientifique. Permanences et métamorphoses
Jacques Mairesse
Directeur d’études honoraire à l’EHESS, Président du comité scientifique de l’Observatoire des Sciences et Techniques
17h05 L’estimation de la productivité scientifique à partir des bases de données
Marc Fontecave
Professeur au Collège de France
9h00 L’essor de la recherche dans les pays dits émergents et la coopération internationale
(l’exemple de l’Inde)
Gabriele Veneziano
Professeur au Collège de France, Professeur émérite au CERN (la physique des particules)9h40 La mutualisation des savoirs à l’échelle mondiale
Philippe Kourilsky
Professeur au Collège de France10h45 Changements d’échelle et mutualisation mondiale des moyens en biologie
Pierre Corvol
Administrateur du Collège de France11h10 Discutant (la recherche médicale et pharmaceutique)
Anne Fagot-Largeault
Professeur honoraire au Collège de France11h25 Petites et grandes fraudes scientifiques : le poids de la compétition
Mireille Delmas-Marty
Professeur au Collège de France12h05 Le rôle "désintéressé" du chercheur dans la promotion d’un nouvel ordre juridique mondial
Peter Piot
Ancien directeur exécutif de l’ONUSida, Professeur à l’Imperial College, London, Professeur au Collège de France (2009-2010)
12h30 Discutant (les organisations internationales)
Table ronde : restructurations et outils d'évaluation dans le monde
14h30 Avec la participation de :Stephan Leibfried
Professeur de science politique à l'Université de Bremen, membre de l'Académie des Sciences de BerlinLe plan campus et la constitution des PRES (Pôles de recherche et d’enseignement supérieur), complétant les réformes antérieures de l’Université et du CNRS, ont enclenché un mouvement sans précédent de concentration de la recherche française afin de lui permettre de se maintenir au premier rang d’une compétition internationale aujourd’hui élargie aux grands pays émergents.
La compétition internationale n’est pas seule en cause. La recherche fondamentale a connu dans les dix dernières années des bouleversements qui poussent à la constitution de centres suffisamment importants pour justifier l’achat et le coût de fonctionnement très élevé des équipements de plus en plus performants nécessaires à sa pratique. Toutes les disciplines sont touchées, y compris les disciplines de sciences humaines et sociales complètement transformées par l’introduction de l’informatique et des publications électroniques. L’utilisation des équipements lourds d’usage désormais courant en biologie et médecine (séquençage du génôme, imagerie etc.), en physique (Large Hadron Collider de Genève etc.), en astronomie (télescope spatial Hubble etc.) est accessible seulement à des organisations capables d’en assurer le financement et de leur garantir une utilisation intensive.
La recherche des moyens financiers est donc une nécessité. Elle passe par la compétition, nationale et internationale, car les crédits, privés et gouvernementaux, vont aux laboratoires les plus renommés. Il n’y a là rien de fondamentalement nouveau : la recherche n’est que l’autre face de la découverte, et celle-ci exige que l’on soit le premier. Ce qui change, outre l’ampleur des moyens financiers aujourd’hui nécessaires, est l’utilisation de nouveaux critères d’appréciation : classements internationaux contestés comme celui de l’Université de Shanghaï ; prix dont certains, comme les Prix Nobel, arrivent des années après les découvertes ; évaluations chiffrées dont les éléments et outils sont objets de débats.
La compétition impose le secret jusqu’à ce que l’on soit sûr du résultat. La prise de brevets également, ainsi que les contrats avec l’industrie privée qui assurent une grande partie du financement de la recherche fondamentale. Or le chercheur a pour vocation de faire connaître ses résultats le plus généreusement et le plus largement possible. La science n’a pas de frontières. Tous les laboratoires, y compris en sciences humaines et sociales, comportent des associés ou des membres de plein droit étrangers. Tous sont en relation avec leurs homologues étrangers. Presque tous utilisent et en même temps contribuent à développer des outils à vocation mondiale, grands instruments ou bases de données électroniques. Que signifient dans ces conditions le secret et la compétition internationale ? Comment le chercheur doit-il se comporter ? N’y-a-t-il pas risque de dérive éthique ?
Ce sont ces questions que le colloque de rentrée 2010 a pour ambition d’évoquer. Le rôle joué hier et aujourd’hui par le Collège de France dans la recherche et l’enseignement de la recherche, le fait que nous soyons nous-mêmes confrontés à ces contradictions, nous donnent la possibilité et le devoir de le faire.
