Histoire et Archéologie
Histoire
Au XVIème siècle, l'Université de Paris avait le monopole de l'enseignement. Attachée à ses traditions comme à ses privilèges, elle se refusait aux innovations. Ses quatre facultés : Théologie, Droit, Médecine, Arts, prétendaient embrasser tout ce qu'il y avait d'utile et de licite en fait d'études et de savoir. Le latin était la seule langue dont on fît usage. Les sciences, sauf la médecine, se réduisaient au quadrivium du moyen âge, l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie. L'esprit étroit de la scolastique décadente y régnait universellement. Les écoles de Paris étaient surtout des foyers de dispute. On y argumentait assidûment ; on y apprenait peu de chose. Et il sembalit bien difficile que cette corporation, jalouse et fermée, pût se réformer par elle-même ou se laisser réformer.
L’esprit de la Renaissance se répandait à travers l’Europe, les intelligences s’ouvraient à des curiosités inédites, l’imprimerie commençait à propager les trésors de pensée contenus dans des chefs-d’œuvre de l’Antiquité. On demanda alors des maîtres capables de les interpréter et de les commenter. Ainsi naquirent les fondements du Collège Royal par la suite nommé Collège de France.
François Ier, sur les conseils de Guillaume Budé, son « maître de librairie », nomme six « lecteurs royaux » : trois pour l’hébreu (François Vatable, Agathias Guidacerius, Paul Paradis), deux pour le grec (Pierre Danès, Jacques Toussaint) et un pour les mathématiques (Oronce Finé).
Leurs cours sont ouverts à tous et gratuits.
Après avoir réquisitionné les Collèges de Tréguier et de Cambrai pour y installer les « lecteurs royaux » en 1551, Henri II élargit le champ d’enseignement du Collège à la philosophie en confiant une chaire à Ramus (Pierre de la Ramée), anti-aristotélicien notoire et contesté, qui choisit d’enseigner les mathématiques à partir de 1559.
1567
Un document mentionne pour la première fois le Collège. Il s’agit du certificat d’aptitude à l’enseignement du grec délivré à Nicolas Goulu.
Le 28 août, Louis XIII pose la première pierre d’un nouvel édifice portant l’inscription suivante : « En l’an premier du Regne de Louis XIII Roy de France et de Navarre, agé de neuf ans, et de la Regence de la Royne Marie de Médicis sa mère MDCX ».
Le 18 janvier 1699, est octroyé au Collège Royal son blason d’azur à livre ouvert d’argent, sur lequel sont écrits les mots Docet omnia, le livre accompagné de trois fleurs de lis d’or, dont deux en chef et une en pointe.
1707
Les chaires sont au nombre de vingt : onze consacrées aux lettres, neuf aux matières scientifiques
Louis XV confie la construction du Collège Royal à l’architecte Jean-François Chalgrin, Grand prix de Rome et membre de l'Académie d'architecture, et le 16 mai, le Collège est rattaché à l’université de Paris. Il retrouve son indépendance en 1794. Le 22 mars 1774, le duc de La Vrillière vient poser la première pierre des nouveaux bâtiments, qui sont totalement achevés en 1778
Tableau peint par G. Guillon Lethière représentant l’institution des « lecteurs royaux » par François Ier (conservé dans la salle d’Assemblée)
1870
Le Collège Royal puis Impérial devient désormais Collège de France. Ses professeurs sont au nombre de quarante.
1963
La création de deux nouvelles chaires porte à cinquante-deux le nombre de professeurs titulaires1998
Inauguration des nouveaux espaces du Collège de France, rénovation réalisée par les architectes Bernard Huet et Jean-Michel Wilmotte.2004
Création d’une chaire de Création artistique, elle accueille chaque année une personnalité illustrant la création artistique contemporaine, et, consacrée à toutes les formes de création artistique2005
Le 28 juin 2005, le Collège de France inaugure le bâtiment rénové de la rue d’Ulm, à quelques centaines de mètres de la place Marcelin-Berthelot. Disposer de locaux consacrés à la recherche scientifique au cœur de Paris est une richesse inestimable et un véritable privilège pour le Collège de France. Il convenait d’en faire le meilleur usage. Il ne s’agissait donc pas seulement de réhabiliter un immeuble vieilli qui ne répondait plus aux besoins actuels. Plus qu’une simple affaire de bâtiment, c’est toute une organisation et une logique intellectuelle qui était à repenser. Le bâtiment est la partie visible de cette rénovation, et la rue d’Ulm en est une étape et un élément.
2007
Création d’une chaire d’Innovation technologique Liliane Bettencourt, en partenariat avec la fondation Bettencourt-Schueller, cette chaire a pour vocation d'accueillir chaque année,un nouveau titulaire chargé de proposer un enseignement à la pointe de la recherche dans les secteurs hautements innovants des nanotechnologies, de l'informatique, des réseaux de communication, du transfert et du cryptage de données, des sciences du vivant.
2008
Création de la Chaire développement durable-Environnement, Energie et Société, financée par Total2009
Création de la Chaire d'Informatique et sciences numériques en collaboration avec l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA), cette chaire accueillera chaque année un nouveau titulaire.
