Biographie

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Né le 18 mars 1928 à Vaucouleurs, Meuse
Décédé le 18 octobre 2011

Études secondaires au lycée de Nevers
Élève à l'École normale supérieure (1951-1955)
Agrégé des lettres classiques (1954)
Pensionnaire à la Fondation Primoli de Rome (1955-1956), puis à la Fondation Thiers de Paris (1956-1959)
Docteur ès lettres (1970)

Carrière professionnelle

A enseigné à la Sorbonne (Institut d'Art et d'Archéologie) comme chargé de cours complémentaire (1956-1959), puis assistant (1959-1962), à la Faculté des lettres et sciences humaines de Dijon, chaire d'Histoire de l'art médiéval et moderne et de musicologie (1962-1970), à l'Université de Paris-Sorbonne, chaire de l'Art moderne et contemporain, puis de l'Art moderne (1970-1977).

Élu en 1977 au Collège de France, comme titulaire d'une chaire d'Histoire de la création artistique en France. Professeur honoraire depuis octobre 1998.

Sur le plan national, a été secrétaire de l'Association des professeurs d'archéologie et d'histoire de l'art de l'Université (1959-1970), membre du Comité national de la recherche scientifique, section Histoire moderne et contemporaine (1967-1971, 1971-1975 -comme secrétaire de la section-, 1979-1982), membre du Comité consultatif des Universités, 13e section (1970-1978), membre de la Commission de classement des musées classés et contrôlés, membre fondateur d'« Art de France » (1960) et de la Revue de l'Art (1968), vice-président, puis président de la Société de l'histoire de l'art français (1970-1972). Membre du Conseil artistique des Musées nationaux (depuis 1991). Membre du haut Comité des célébrations nationales (depuis 1998).

Sur le plan international, a été secrétaire scientifique adjoint (1964-1969), puis secrétaire scientifique (1969-1983) et membre d'honneur (depuis 1990) du Comité international d'histoire de l'art (CIHA).

Dans le domaine de l'informatique, a organisé la banque de données CATART, a dirigé le projet de Banque Internationale de Données Biographiques sur les Artistes, a présidé (de 1983 à 1990) le groupe d'études informatiques auprès du Comité international d'histoire de l'art et a publié la lettre d'information HAMI (de 1983 à 1996). Il a été co-président du CID (Centre des Hautes Études Internationales en informatique documentaire) de 1993 à 1998.

Distinctions

Commandeur de la Légion d'Honneur.
Grand officier de l'ordre du mérite.
Commandeur de l'ordre du Mérite.
Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.

Prix Minda de Gunzburg (1991).
Grand Prix d'histoire de la Ville de Paris (1991).
Grand Prix national d'histoire (1994).
Grand Prix d'histoire Chateaubriand (2002).

Activité, travaux

La première moitié de l'année universitaire 2001-2002 a été accaparée par la mise au point de l'exposition Lubin Baugin. Prévue au départ pour le printemps de l'année 2000, elle avait été retardée par des problèmes politiques, administratifs et budgétaires imprévisibles : affectation nouvelle du conservateur du musée des Beaux-Arts d'Orléans, M. Eric Moinet, instigateur du projet, changement de municipalité, etc. Ce retard a permis d'ultimes révisions et quelques découvertes supplémentaires (qui ont porté à cent les numéros du catalogue). L'exposition s'est tenue à Orléans du 21 février au 19 mai et à Toulouse, au musée des Augustins, du 8 juin au 9 septembre. Le catalogue, qui contient les notices et la reproduction de toutes les oeuvres repérées, a été imprimé avec le plus grand soin par la Réunion des Musées Nationaux, sous la conduite attentive de Mlle Sophie Laporte. Comme pour l'exposition Jacques de Bellange en 2001, sa conception graphique était due à M. Pierre-Louis Hardy, et sa réalisation doit beaucoup au dévouement de Mme Sylvie Sportouch et à Mme Corinne Maisant, qui a surveillé jusquapos;au bout la composition du volume ; sa compétence scientifique lui a permis d'obtenir à la dernière heure de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris et du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale les documents qui manquaient encore à l'illustration.

Nous avons employé la seconde partie de l'année universitaire à la rédaction d'un autre ouvrage, dont la parution est prévue pour la fin de l'année 2002. Il s'agit d'une Histoire de l'art qui traite de l'architecture, de la sculpture et de la peinture, depuis leurs débuts jusqu'à nos jours, et dans les diverses régions du monde. Contrairement à la grande entreprise de notre prédécesseur au Collège André Michel (1920-1925), réalisée au début du XIXe siècle et qui avait exigé 24 années, 18 tomes et de multiples collaborateurs, la publication se bornera à un seul volume entièrement écrit par nous. L'illustration sera exclusivement en couleurs, et nous avons souhaité qu'elle respectât l'esprit international de l'histoire de l'art ; le texte se prêtera à une lecture aisée, n'exigeant pas une spécialisation préalable.

Cet ouvrage va donc à l'inverse de tous ceux que nous avons écrits précédemment.

Jusqu'ici, nous avons privilégié l'analyse et la recherche fondamentale, ce dont peuvent témoigner nos derniers catalogues (Blanchard, Bourdon, Bellange, Baugin..., sans parler de nos recherches en cours sur la correspondance de Poussin). Cette fois, nous présenterons une synthèse résumant quatre millénaires d'histoire.

Nous espérons que cette tentative ne sera pas sentie comme un changement de méthode, ni comme un simple effort de vulgarisation. Il s'agit pour nous de rappeler que l'historien d'art se trouve devant un champ immense. S'il a pour devoir de toujours revenir aux oeuvres et aux artistes et de multiplier les faits et les éclairages, il lui faut aussi garder une pleine conscience de l'ensemble de la création artistique, de la relativité des sujets qu'il est à même de traiter et des méthodes qu'il utilise. Nous avons vu disparaître, avec la fin du XXe siècle, la plupart des grands « généralistes », dont André Chastel fut en France l'un des modèles les plus prestigieux, et s'imposer la mode de la « spécialité », avec son admirable esprit de précision et de rigueur, mais souvent aussi, une regrettable myopie.

La dernière Histoire de l'art en un volume a été écrite en 1950 par Ernst H. Gombrich (avec des remises à jour presque ininterrompues jusqu'à sa mort toute récente). Nous avons cru devoir renouveler la gageure. Nous ne pensons pas y avoir entièrement réussi. Entre un raccourci idéal de l'histoire de l'art et les possibilités actuelles de l'édition du livre en couleurs, entre le souci de modifier certaines routines des historiens d'art et la nécessité de ne pas priver le lecteur de ses repères traditionnels, il a fallu composer. Un ouvrage général
ne saurait procéder par un bouleversement général. Nous avons cependant tenu à affirmer dans la rédaction du texte cinq partis auxquels nous tenons particulièrement :

1. Nous avons refusé l'histoire de l'art anecdotique. Nous croyons avoir assez souvent montré dans nos cours et nos livres (Le Nain, La Tour, Baugin...) l'importance de l'enquête historique (démarche toute différente), pour pouvoir briser entièrement avec ce qu'on peut dire l'héritage dégénéré de l'histoire « à la Vasari ».
2. Nous avons pareillement rompu avec toutes les doctrines déterministes, et l'attitude réductrice qu'elles adoptent à l'égard de l'histoire de l'art. Qu'il s'agisse des analyses de Taine, trop souvent simplistes, ou des dissertations marxistes, qui considèrent l'art comme un « épiphénomène » dont l'intérêt principal est de révéler les implications sociales de la dialectique de l'histoire, ces doctrines commettent toutes une profonde erreur : la création n'apparaît qu'au moment de la rupture avec le milieu ambiant. Nous nous refusons donc à aborder les artistes comme résultats et témoins d'un milieu économique, social ou religieux.
3. Dans le même sens nous rejetons franchement les dérives du courant encore si puissant qui confond l'histoire de l'art, la Kunstgeschichte, avec la Geistesgeschichte, l'histoire de l'Esprit, et notamment avec l'iconologie telle que l'a définie Erwin Panofsky. Pour ingénieuses et souvent justes que soient les analyses
conduites dans ce cadre, elles portent d'ordinaire sur des aspects mineurs de la création que relativisent les perspectives plus générales.
4. Nous nous sommes entièrement démarqué de la confusion, courante de nos jours, entre art et ethnologie. Nous n'avons pas cru que les manifestations tribales puissent prendre place parmi les expressions artistiques, même si elles usent de l'image. Qu'il s'agisse des périodes préhistoriques ou des peuplades arriérées
d'Afrique ou d'Australie, ces manifestations sont au service de croyances ou de religions ; elles correspondent à des signes, et non à des oe uvres qui se signifient, pour reprendre la ligne de démarcation établie jadis par Henri Focillon. L'art commence au moment où justement l'oe uvre se détache du signe et se propose dans sa complexité inépuisable.
5. Nous avons refusé les notions d'avant-garde et de progrès. Il s'agit là d'idées accréditées au XIXe siècle dans un esprit mystique ou polémique. A l'échelle de quatre millénaires, elles se dénoncent d'elles-mêmes comme dénuées de contenu. Elles ont trop souvent dissimulé la complexité des multiples cheminements
temporels qui caractérisent l'histoire de l'art.