Robotique et santé

Patients, cliniciens et ingénieurs … indissociables

Jean Dubousset, né en 1936, est chirurgien orthopédiste pédiatre, Professeur émérite des universités (Université René Descartes). Il est membre titulaire de l’Académie Nationale de Médecine et de l’académie de Chirurgie. Il est également membre du conseil scientifique de la Fondation Cotrel de l’Institut de France et membre du conseil scientifique du Laboratoire de Biomécanique ENSAM Paris Tech. Il a reçu le prix mondial de chirurgie avec Y. Cotrel pour les travaux sur la correction 3D du rachis, le prix de l’Académie des Sciences pour ses travaux sur les tumeurs malignes de l’enfant et le prix Maurice Muller pour ses travaux concernant le rachis. Patients, cliniciens et ingénieurs … indissociables : Chirurgien orthopédiste et clinicien pur, l’expérience de plus de 35 ans d’un travail commun avec des ingénieurs de l’informatique d’abord , de la biomécanique ensuite et de la physique des particules enfin m’a montré combien cette pluridisciplinarité était indispensable au progrès pratique destiné à l’élément le plus important du trio : le patient. Partant de la pure observation clinique, par exemple sur les déformations de la colonne vertébrale, et constatant les divergences entre la clinique et l’imagerie radiologique associée à des échecs chirurgicaux, le caractère tridimensionnel de cet organe rachidien, est apparu un élément primordial à prendre en compte, à mesurer, à modéliser de manière personnalisée , afin de pouvoir simuler sur les modèles informatiques, les manoeuvres de correction, avant de les réaliser sur le vivant. Cela s’est étendu à tout l’appareil locomoteur, où il a bien fallu inclure le rôle essentiel des parties molles en particulier musculaires et du mouvement, donc du système nerveux aussi bien central que périphérique. Essayer de comprendre avant de traiter, mais traiter en utilisant les technologies les plus fiables et les plus performantes y compris la robotique, pouvoir mesurer de manière fiable et contrôler le résultat, tout cela explique pourquoi le clinicien a le devoir de s’entourer de toutes les compétences des sciences de l’ingénieur, en restant l’interlocuteur privilégié en particulier dans les indications thérapeutiques et dans la relation de confiance réciproque avec le patient qui est à la base de l’humanisme médical.