Robotique et santé

Vers des robots médicaux implantables

Philippe Cinquin, 56 ans, docteur ès sciences mathématiques et docteur en médecine, est professeur d’informatique médicale à l’université Joseph Fourier (UJF) et praticien hospitalier au CHU de Grenoble. Il dirige TIMC-­IMAG (Techniques de l’ingénierie médicale et de la complexité – informatique, mathématiques et applications), une unité mixte de recherche de l’UJF et du CNRS, et coordonne scientifiquement le Centre d’Investigation Clinique – Innovation Technologique du CHU de Grenoble. Il s’est spécialisé dans les GMCAO (Gestes médico-­‐chirurgicaux assistés par ordinateur), et s’intéresse depuis plusieurs années à la conception de robots implantables capables de puiser directement leur énergie dans les milieux physiologiques. Il coordonne le « laboratoire d’excellence » CAMI (Computer assisted medical interventions – équivalent en anglais des GMCAO), qui fédère les 6 unités mixtes de recherche du CNRS ou de l’INSERM qui ont réussi à concevoir des dispositifs de GMCAO passés à la pratique clinique, ainsi que leurs partenaires cliniques et industriels. Il a reçu en 1999 la médaille « Maurice E. Muller d’excellence en chirurgie orthopédique assistée par ordinateur », et en 2003 la médaille d’argent du CNRS. Vers des robots médicaux implantables : Implanter des robots à l’intérieur du corps humain semble séduisant pour compenser la défaillance de certaines fonctions vitales. De tels robots doivent pouvoir percevoir l’état physiologique et les besoins du patient, décider de la meilleure manière de rendre service à ce dernier, et interagir avec ses organes pour mettre en oeuvre la stratégie retenue. La conception de robots implantés partage donc un large cadre conceptuel avec la robotique d’assistance aux gestes médico-­‐chirurgicaux. Elle présente la particularité de devoir assurer l’autonomie de l’alimentation énergétique du dispositif. Nous montrerons comment des approches bio-­‐inspirées permettent de prendre en compte les spécificités de milieux comme le liquide physiologique extra-­‐cellulaire pour envisager de faire sauter ce verrou de l’autonomie énergétique, et nous illustrerons la problématique de la conception d’un robot implantable avec l’exemple d’un sphincter artificiel urinaire robotisé.