Lettre n° 3

Éditorial

Jacques Glowinski

Administrateur du Collège de France (2000-2006),
et titulaire de la chaire de Neuropharmacologie (1983-2006)

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Depuis septembre 1999, conforté par les avis du Conseil d'Établissement et les décisions de l'Assemblée des Professeurs, le bureau de l'Assemblée a entrepris une série de démarches à différents niveaux : Présidence de la République, Premier Ministre, Ministres de l'Éducation Nationale et de la Recherche et leurs services, Rectorat, Mairie de Paris, qui se sont concrétisées par des résultats très positifs pour le Collège.

Comme je l'ai indiqué dans la précédente lettre, le projet de rénovation est relancé : phase 2 élargie, rénovation du bâtiment de la rue d'Ulm, amphithéâtre de 200 places. Nous aurons l'occasion d'en reparler lorsque les études seront terminées et que nous connaîtrons le prix des entreprises.

Les longues et difficiles négociations du contrat quadriennal viennent de se conclure. Par bien des aspects, les décisions finales de nos ministères de tutelle indiquent que nous avons été entendus. En effet, notre budget est en nette augmentation (13,5 % environ). Cela nous permet de combler pour une large part la réduction progressive de 14 à 15 % en francs constants constatée pendant ces dix dernières années.

Toutefois, les récents événements dramatiques et leur retentissement sur la situation économique nous incitent à la prudence et vont certainement exiger des concertations encore plus nombreuses, des efforts et des choix difficiles.

Deux principes ont été longuement discutés lors des différentes phases de négociation de ce contrat quadriennal : les modalités de l'évaluation de notre institution et la souplesse de répartition des crédits directement alloués à la recherche. Nos interlocuteurs ont été sensibles à nos arguments concernant la spécificité et la diversité de nos missions dont certaines ne peuvent être comparées à celles des universités. Ils ont apprécié notre proposition de nous doter prochainement d'un comité international d'évaluation. Tout en suivant les orientations générales et les recommandations de la Mission de la Recherche qui, par bien des aspects, confortent nos réformes récentes, nous aurons comme par le passé la latitude de répartir les crédits au sein des grands groupes de disciplines. Ce dispositif favorise une gestion responsabilisée facilitant les interactions entre chaires, une répartition équilibrée et concertée de la distribution des crédits d'équipement sur quatre années et, enfin, les ajustements guidés par les changements et les évolutions des chaires pendant le contrat.

Les grandes lignes de ce budget peuvent être précisées. Les crédits de maintenance qui autorisent les opérations accompagnant le projet de rénovation sont en nette augmentation. Ils avaient été considérablement réduits sans explication pendant le dernier contrat. Les crédits de fonctionnement et d'équipement de recherche sont également très significativement augmentés. Nos nouvelles politiques des bibliothèques et des équipes accueillies sont encouragées. L'effort porte principalement sur les dotations des collègues des sciences de l'homme et des humanités, des mathématiciens et sur les démarches collectives telles que l'IFR de biologie. Par contre des fluctuations interviennent pour les autres groupes de disciplines : légère augmentation, stagnation voire diminution, plusieurs critères le plus souvent justifiés ayant été retenus, dont l'existence de financements indirects du ministère.

Les crédits de vacations ou encore d'informatique d'intérêt général restent stables. Malheureusement, il en est de même du poste important des crédits d'infrastructure des surfaces affectées à l'enseignement et à la recherche qui n'ont pas évolué depuis 1992, ce qui correspond à une diminution importante si l'on tient compte de l'inflation.

La dotation des crédits d'infrastructure est calculée sur la base d'un prix moyen par m2 appliqué à toutes les universités et aux établissements de recherche et nous nous situons déjà dans la fourchette haute des dotations. Le Ministère de la Recherche est conscient de la faiblesse de ce prix moyen, mais ne peut faire face pour l'instant aux augmentations nécessaires. Cette situation est difficile car les nouvelles installations d'une haute technicité pour l'enseignement, les colloques et réunions internationales nécessitent des crédits spécifiques et, selon les recommandations de la Cour des Comptes, des crédits d'amortissement de nos équipements doivent être inclus dans notre budget. Des crédits d'une autre origine doivent donc être trouvés pour compléter ce budget. Compte tenu par ailleurs d'une diminution prévisible des revenus de notre portefeuille, qui nous aidaient à compléter ce chapitre du budget, nous serons contraints d'accroître le prélèvement sur les crédits de recherche pour faire face aux charges communes de recherche.

Les grandes lignes des efforts envisagés par le bureau pour cette deuxième année d'exercice peuvent se résumer brièvement :

1) poursuite et exécution des projets entrepris depuis 1999 : communication interne et externe, bibliothèques, archives, conventions avec les différents partenaires, clarification des situations de certaines chaires ou équipes... ;

2) amélioration de la politique des ressources humaines ;

3) renforcement de notre politique internationale.