Biographie

Né le 26 mars 1970 à Palma de Majorque (Espagne).

Lluis Quintana-Murci est généticien des populations. Il a suivi une formation universitaire dans un cadre résolument européen, puisqu'il a réalisé ses études de biologie à l’université de Barcelone (Espagne), son doctorat en génétique des populations à l’université de Pavie (Italie), et son habilitation à diriger des recherches à l'université Pierre-et-Marie-Curie à Paris. Après un stage postdoctoral à l’Institut Pasteur, et plusieurs séjours au sein des universités d’Oxford (RU) et de Tucson (USA), il a intégré le CNRS en 2001. Directeur de recherche au CNRS et professeur à l’Institut Pasteur, il dirige l’Unité de génétique évolutive humaine à l’Institut Pasteur. Il a été également directeur scientifique de l’Institut Pasteur en 2016-2017, et visiting professor à l’université Rockefeller (New York, USA) pendant l’été 2018.

Ses travaux ont été récompensés par l’attribution de plusieurs distinctions, dont les médailles de bronze et d’argent du CNRS, le prix Jean Hamburger de la Ville de Paris, les prix Mergier-Bourdeix et Dagnan-Bouveret de l’Académie des sciences, le Debiopharm-École polytechnique fédérale de Lausanne Life Sciences Award, ou la médaille d’or des îles Baléares. Il a également été lauréat du Conseil européen de la recherche (ERC). En outre, il est membre élu de la prestigieuse Organisation européenne de biologie moléculaire (EMBO) et de l’Academia Europaea depuis 2014. En 2019, il est nommé Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Génomique humaine et évolution.

Depuis vingt-cinq ans, Lluis Quintana-Murci consacre sa recherche à l’étude de la diversité du génome humain, aussi bien d’un point de vue fondamental qu’appliqué à la compréhension de certaines pathologies. Il fut le premier à fournir des preuves génétiques soutenant l'hypothèse d'une sortie côtière de l’Homme moderne d’Afrique il y a 60 000 ans. Depuis cette étude majeure en génétique des populations, il a utilisé son expertise pour s'attaquer à des questions relatives à la diversité génétique et épigénétique de notre espèce, à l’histoire démographique des populations humaines, aux mécanismes d'adaptation de l'homme à des changements environnementaux, en particulier aux pressions exercées par les pathogènes et les maladies infectieuses, ainsi qu'à la contribution de la variabilité génétique et épigénétique de l’hôte à des différences de réponses immunitaires.

L’une de ses études est venue étayer l’idée que la sélection naturelle a joué un rôle actif dans les processus impliquant la différentiation des populations humaines. Ses travaux ont également contribué au développement d'une nouvelle manière d'étudier les mécanismes de défense de l'hôte face aux pathogènes. Sa contribution majeure a été d'élucider la façon dont la sélection naturelle a ciblé les gènes de l'immunité innée, ce qui a permis de les classer en fonction de leur importance biologique. Son équipe a également montré que le passage d'un habitat forestier à un habitat urbain a modifié de façon considérable l'épigénome humain, et en particulier les profils de méthylation de l’ADN. Ses travaux ont également montré la nature adaptative du métissage avec l’homme de Neandertal. Ceci aurait introduit dans les génomes des premiers Européens des variants régulateurs qui ont affecté l’expression génique, principalement en réponse aux infections virales.

Les connaissances fondamentales acquises lors de ces travaux ont des conséquences importantes sur des études de génétique humaine à visée médicale, dont l’objectif est d’identifier les bases génétiques de la résistance ou susceptibilité aux infections microbiennes. L. Quintana-Murci et son équipe intègrent des technologies de pointe en génomique, immunologie, biologie moléculaire et bioinformatique, afin d'établir les paramètres qui caractérisent le système immunitaire des individus en bonne santé, ouvrant ainsi la voie à la médecine de précision. L’ensemble de ses travaux se fait en étroite collaboration avec des généticiens, biologistes de l’évolution, anthropologues, linguistes, statisticiens, microbiologistes, immunologistes et épidémiologistes.