Ouvrages et articles

Poésie

Il publie d'abord des recueils de poèmes en anglais :

  • Commonplace (pièce radiophonique), BBC, 1971
  • To Kindle the Starling, Aquila, 1972
  • Where, Aquila, 1975
  • The Ballad of Mobb Conroy, Aquila, 1977
  • The Magic, Unquiet Body, Aquila, 1985.

Il est présent dans :

  • Anthologie bilingue de la poésie anglaise, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2005

Un choix de ses poèmes anglais paraît sous le titre At the Root of Fire / À la racine du feu, choix de poèmes (1972-1985), traduits et présentés par Anne Mounic, fusains de Catherine Day, édition bilingue, Éditions Caractères, 2009.

Il devient ensuite poète également en français, notamment dans :

  • Rivage mobile (poèmes en versions anglaises et françaises), Arfuyen, 2003
  • Paris demeure, gravures de Pascale Hémery, Les Pharmaciens bibliophiles, 2008
  • Ce que dit la lumière, dessins de Christian Gardair, Arts Graphiques d'Aquitaine, 2010
  • Trilogie (piécette), Théâtre et poésie, TNP / Cheyne, 2010
  • Paris aubaine, Éditions de Corlevour, 2012
  • L’Infiniment proche, Éditions de Corlevour, 2016

Certains de ses poèmes français traduits par lui-même en anglais se trouvent, sous le titre « Vues et revues de Paris », dans Le rêve et la ruse dans la traduction de la poésie, éd. Bonhomme et Symington, Honoré Champion, 2008.
Il publie également

  • L'Étrangèreté, CD, Gallimard, « à voix haute », 2010.

Un livre en partie autobiographique raconte, entre autres, une sorte de vision de la cohérence du Tout qu'il a eue étudiant à Cambridge et qui constitue le centre et la source de tous ses écrits :

  1. Un monde même et autre, Desclée de Brouwer, 2002.

Il n'a jamais séparé sa réflexion sur la littérature, l'art, la philosophie, la théologie de son activité de poète. Sa pratique de la poésie en deux langues, et parfois de la poésie bilingue, est à l'origine d'une « vaste réflexion » (Jean-Pierre Naugrette) sur la poésie et sur la parole poétique.

Poétique

Tous les ouvrages en prose de Michael Edwards concernent la poétique de près ou de loin. Ils élaborent une nouvelle philosophie de la nature et de la finalité de l'art, fondée sur une vision du monde légèrement (par contraste avec lourdement) chrétienne, sur une expérience de la parole de poésie comme une invention du monde, qu'elle découvre et transforme en le nommant, sur une pratique non pas de la mimésis, mais de l'anaktisis : de la recréation, du recommencement du monde dans un langage lui-même recommencé. Leur champ de réflexion est la littérature européenne, et parfois américaine, d'Homère, Ovide, Dante, Chaucer, Villon, à maintenant. En particulier :

  • Towards a Christian Poetics, Macmillan, 1984
  • Poetry and Possibility, Macmillan, 1988
  • Of Making Many Books, Macmillan, 1990
  • De Poetica Christiana, Hermeneutikai Kutatokozpont, Budapest, 1997
  • Ombres de lune : réflexions sur la création littéraire, Éditions Espaces 34, 2001
  • Terre de poésie, Éditions Espaces 34, 2003
  • Étude de la création littéraire en langue anglaise, « Leçons inaugurales du Collège de France », Collège de France / Fayard, 2004.

Littérature comparée

Sans faire de la littérature comparée proprement dite, il s'intéresse depuis toujours aux différences profondes et éclairantes entre les langues, les poétiques et les représentations du monde françaises et anglaises. Il cherche le passage mystérieux, initiatique entre deux idiomes contrastés :

  • Éloge de l'attente [sur T.S. Eliot et Beckett francophone], Belin, 1996
  • Leçons de poésie [sur Ronsard / Shakespeare ; Racine / Milton ; Baudelaire / Wordsworth ; Villon / Chaucer / T.S. Eliot], Presses Universitaires de France, 2001
  • Sur un vers d'« Hamlet », Leçon inaugurale de la Chaire européenne, Collège de France, 2001
  • Racine et Shakespeare, Presses Universitaires de France, 2004
  • Le Génie de la poésie anglaise, Le Livre de Poche, 2006, deuxième édition, Les Belles Lettres, 2014
  • Dialogues singuliers sur la langue française, Presses Universitaires de France, 2016
  • Molière et Shakespeare, ou les frères amis, Anne Rideau Éditions, 2016

Recherches en traduction

Son engagement dans deux langues l'a poussé à réfléchir sans cesse sur le phénomène de la traduction, sur l'acte de traduire et sur l'étrangeté existentielle et ontologique à laquelle il donne accès. Voir « Translating » et « Renga » (Towards a Christian Poetics), « Geoffrey Hill's Imitations » (Poetry and Possibility), « Davie's Mallarmé », PN Review n° 88, Nov-Déc, 1992, « Traduction et répétition » et « Tel qu'en lui-même » (Ombres de lune), « L'œuvre poétique de la traduction » (Le Génie de la poésie anglaise). À propos d'Yves Bonnefoy, sur la poésie de qui il a également beaucoup écrit, voir « Les traducteurs d'Yves Bonnefoy », dans Treizièmes assises de la traduction littéraire, Actes Sud, 1997, « Bonnefoy traduit Yeats » (Ombres de lune), « Yves Bonnefoy in English », dans Double Vision: Studies in Literary Translation, éd. Taylor, University of Durham, 2002, « La Traduction comme hommage », dans Yves Bonnefoy et l'Europe du XXe siècle, éd. Finck, Lançon et Staiber, Presses universitaires de Strasbourg, 2003, « Keats et Bonnefoy » (Terre de poésie), « Yves Bonnefoy et les Sonnets de Shakespeare », Littérature, n° 150, juin 2008.

Études d'auteurs

Il écrit sur les auteurs qui l'ont marqué. Racine lui montrait, étudiant, une autre manière, très française, d'écrire, de sentir et de penser :

  • La Tragédie racinienne, Pensée Universelle, 1972.

Voir aussi « The Dialectic of Tragedy » (Towards a Christian Poetics), « Un désir curieux » (Leçons de poésie), « Poésie, rhétorique, Phèdre » (Ombres de lune), « La belle Ériphile » (Terre de poésie), Racine et Shakespeare.
T.S. Eliot le bouleversa adolescent, et continue d'attirer sa pensée :

  • Eliot / Language, Aquila, 1975.

Voir aussi « Of making many books » et « Re-writing The Waste Land » (Of Making Many Books), Éloge de l'attente, « Sovenha vos a temps » (Ombres de lune), « Philomèle, ou le discours européen et la langue coupée » (Terre de poésie), « La poésie continue » (Le génie de la poésie anglaise), « Unpropitions: Christian poetry and now », dans Ecstasy and Understanding, éd. Grafe, Continuum, 2008.
Beckett l'intéresse comme un écrivain anglophone ayant choisi d'écrire en français :

  • Beckett ou le don des langues, Éditions Espaces 34, 1998.

Voir aussi Éloge de l'attente.
Shakespeare lui paraît, depuis toujours, l'écrivain modèle à étudier sans cesse et à ne pas imiter. Il est au centre de sa réflexion sur le sens de la comédie et de la tragédie et sur l'œuvre de la poésie au théâtre :

  • Shakespeare et la comédie de l'émerveillement, Desclée de Brouwer, 2003
  • Shakespeare et l'œuvre de la tragédie, Belin, 2005
  • Shakespeare : le poète au théâtre, Fayard, 2009.

Voir aussi « La poésie la nuit » (Leçons de poésie), Sur un vers d'« Hamlet », « Il me souvient » (Ombres de lune), « Shakespeare, Baudelaire » (Terre de poésie), Racine et Shakespeare, « Shakespeare et le sonnet anglais » (Le Génie de la poésie anglaise), « La comédie de l'émerveillement » (De l'émerveillement), « Cher Maître », dans Lettres à Shakespeare, éd. Goy-Blanquet, Thierry Marchaisse, 2014.

Molière l'initiait, dès l'université, à la profondeur existentielle de la farce et à la folie saine et clairvoyante de la comédie-ballet :

  • Le Rire de Molière, Éditions de Fallois, 2012.

Création artistique

Attiré depuis l'adolescence par les arts du visible, Michael Edwards attend longtemps avant d'écrire sur une forme d'art qui n'est pas la sienne. Il cherche, comme pour la littérature, une philosophie de la création artistique, en réfléchissant sur l'altérité de l'œuvre d'art, sur son existence inachevée mais exaltante entre un Éden ou Âge d'or et la curieuse promesse biblique d'une « nouvelle terre ».

  • Raymond Mason, Thames and Hudson, 1994 ; traduction française par Danielle Edwards, Cercle d'Art, 1994
  • Préface, Claude Garache, Paintings and Sanguines, Galerie Institut Français, Londres, 1994 ; version française, « L'infini du corps », dans Garache face au modèle, La Dogana, 2006
  • Préface, Pascale Hémery, Œuvre gravé et lithographié 1988-2005 : catalogue raisonné, Roland Plumart, 2006.

Voir aussi « Painting and the Art of Change » (Towards a Christian Poetics), « Le pays fictif » (sur Poussin, Ombres de lune), « Sur Constable » (Terre de poésie), « La Peinture émerveillée » (sur Vermeer, De l'émerveillement), « À travers le miroir » (sur Manet, Le Bonheur d'être ici), « La vraie semblance » (en partie sur Turner), Conférence, n° 32, printemps 2011.

Philosophie de la vie

Ses essais sur la littérature et sur l'art et parfois sur la musique : « Émerveillement et musique » (De l'émerveillement), « Ravel et Mallarmé : poésie et musique », Conférence, n° 28, printemps 2009, « Poésie et musique : la pensée audible », dans Parole et musique, éd. Dehaene et Petit, Odile Jacob, 2009, « Le chant de la musique » (Le Bonheur d'être ici) donnent tous sur une certaine prise de conscience du vécu, et du sens, de la direction, du monde. Au cœur de tous les écrits de Michael Edwards se trouve l'intuition inquiète d'une grande vérité, d'une dynamique ternaire : création, chute, recréation, qui informe tout, de la cosmologie à l'anthropologie, de l'histoire à toutes les formes d'art et à l'œuvre du langage, et qui peut se dire aussi vie, mort, nouvelle naissance, ou bonheur, malheur, joie. Elle ne suppose ni que la vie positive et finie soit le seul foyer de valeurs, ni que la croyance en un autre monde autorise de dévaluer la vie sur terre, mais que la plénitude de vie se trouve dans un ici ouvert à tout moment à son possible. Plusieurs de ses livres s'adressent à de grandes perspectives sur « l'humaine condition », telles le possible (Poetry and Possibility), l'attente (Éloge de l'attente), la répétition (Un monde même et autre, Ombres de lune), l'émerveillement et le bonheur :

  • De l'émerveillement, Fayard, 2008 (Prix Dagnan-Bouveret de l'Académie des sciences morales et politiques)
  • Le bonheur d'être ici, Fayard, 2011
  • Bible et poésie, Editions de Fallois, 2016

Le travail de passeur

Écrivain en français et en anglais, il essaie de jouer un rôle de passeur entre les deux langues et les deux pays. D'où son livre sur Raymond Mason, le premier sur un grand sculpteur, peintre et dessinateur anglais ayant vécu à Paris, mais mal connu. D'où aussi certaines traductions et préfaces :

  • Préface, Geoffrey Hill, Scènes avec arlequins et autres poèmes, traduction de René Gallet, Orphée / La Différence, 1998
  • Co-édition, co-traduction, Edgar Allan Poe, Histoires, Essais, Poèmes, Le Livre de Poche, « La Pochothèque », 2006
  • Préface, Geoffrey Hill, Le Triomphe de l'amour, traduction de René Gallet, Cheyne, 2007
  • Préface, La Poésie de Geoffrey Hill et la modernité, éd. Kilgore-Caradec et Gallet, l'Harmattan, 2007
  • Préface, Charles Tomlinson, Comme un rire de lumière, poèmes choisis et traduits par Michèle Duclos, Éditions Caractères, 2009

D'où également un certain nombre d'essais sur des poètes français contemporains dans des revues anglaises, et de nombreuses traductions, par exemple de Char, Delahaye, Roubaud dans French Poetry Now, éd. M. Edwards, Aquila, 1975, de Queneau dans Raymond Queneau, éd. M. Edwards, Aquila, 1978, et de Bonnefoy dans Double Vision, éd. Taylor, University of Durham, 2002. Un poème bilingue écrit avec Alain Delahaye, sans titre, se trouve dans Action poétique, n° 74, 1978.
Certaines de ses traductions de l'italien sont parues dans Directions in Italian Poetry, éd. M. Edwards, Dego et Straus, Aquila, 1976, ses traductions de l'espagnol dans Octavio Paz, Selected Poems, éd. Charles Tomlinson, Penguin Books, 1979.

Principaux entretiens

  • Avec François Lallier, Bourgogne côté livre, n° 26, octobre 2003
  • Avec Jean-Pierre Naugrette, Revue des deux mondes, juin 2009
  • Avec Anne Mounic, dans At the Root of Fire / À la racine du feu

Sur son travail

Discours de réception de M. Michael Edwards à l'Académie française et Réponse de M. Frédéric Vitoux, Editions de Fallois, 2015.