Face au LĂ©viathan, 3 : morphologie et histoire

  • Quand François d’Assise se rêve en mère poule
  • « Les poussins sont les frères qui se sont multipliés en nombre et en grâce et que la vertu de François ne suffit pas à défendre contre l’agitation des hommes et la contradiction des langues (Ps, 30, 21) »
  • La dispersion babélique : malédiction ou sauvetage ?
  • Renoncer au pouvoir, institutionnaliser le charisme
  • Sicut mater, « en tant que mère » : le principe féminin et le gouvernement (Jacques Dalarun, Gouverner c’est servir. Essai de démocratie médiévale, Paris, 2012)
  • L’incorporation mariale : la Vierge de miséricorde
  • Le sein d’Abraham, la figure paternelle et la fonction maternelle : la religion comme « besoin de protection du père » (Freud)
  • Au sein des sinuosités : les quatre sens de sinus
  • À l’inverse du Léviathan, « le fantasme d’indivision matricielle est atténué et déplacé : il est reporté à l’extérieur du corps et exprimé à travers une médiation textile » (Jérôme Baschet, Le sein du père. Abraham et la paternité dans l’Occident médiéval, Paris, 2000)
  • Troubles dans le genre : remarque sur l’indécision sexuelle de l’anthropologie chrétienne
  • Saisir à nouveau la force explosive de l’acte d’image : une brève histoire de la métaphore organiciste (Gianluca Briguglia, Il corpo vivente dello Stato. Una metafora politica, Milan 2006)
  • Quand l’armure du prince fait miroir (Diane Bodard, à propos du portrait du duc Alexandre de Médicis par Giorgio Vasari en 1534)
  • Ce que ne montre pas l’image : l’âme de ce corps
  • De la métaphore organiciste à la métaphore artificialiste : la « personne fictive » chez Hobbes (d’après Lucien Jaume)
  • De la multitude instituante, le Léviathan fait le peuple institué, dans lequel se reconnaissent les individus qui l’instituent
  • « Le peuple est donc l’absolument présent qui, en tant que tel, ne peut jamais être présent et donc peut seulement être représenté » (Giorgio Agamben, La guerre civile : pour une théorie politique de la stasis, Paris, 2015)
  • L’État est un fantôme (ghost) qui s’institue dans le figural
  • « Cette institution de la représentation permet de faire corps, à condition de ne plus considérer le « corps politique » à partir du « corps mystique » de la république qui avait pour condition transcendantale l’incarnation » (Philippe Crignon)
  • L’image du Léviathan n’est donc pas seulement la marque ou l’emblème de l’État, mais son signe
  • « Il en vient à être le moteur de l’action, et ce à travers l’accoutumance ou le choc, qui représentent les deux possibilités par lesquelles l’image fait pression sur ceux qui le regardent » (Horst Haverkamp, Théorie de l’acte d’image, Paris, 2015)
  • Histoire des formes composites : Arcimboldo et l’ « énergie des déplacements » (Roland Barthes)
  • Le Vertumne comme panégyrique politique : l’image annonce l’âge d’or où l’abondance abolit les contraintes de la nature
  • « Composing the Body politic » (Dario Gamboni) : l’Oncle Sam se compose le visage du melting pot (Grant Hamilton, 1898)
  • De Napoléon à George W Bush, le retournement de la fiction politique
  • Mao Zedong et Andy Warhol : quand la face tient lieu de foule anonyme (Hans Belting, Faces. Une histoire du visage, Paris, 2017)
  • L’acclimatation française du Léviathan dans Le corps politique ou les éléments de la loi morale et civile (1652) : un Léviathan « héroïque, royal, solaire et justicier » (Yann Lignereux, Les rois imaginaires. Une histoire visuelle de la monarchie de Charles VIII à Louis XIV, Rennes, 2016)
  • Imaginer le visage de l’État : Louis XIV en costume de sacre de Hyacinthe Rigaud (1701) comme point de fuite
  • Quand la vision politique laisse interdit : « … il resta court, sans parole et sans oreilles ; il fut assez longtemps sans pouvoir se remettre » (Saint-Simon, Mémoires)
  • Le Léviathan est le dieu mortel qui prophétise l’automatisation des rapports de pouvoir, cette politique des choses qui passe par le gouvernement des nombres
  • Tacite, Annales, V, 10 : Fingunt simul creduntque : « ils fictionnent et en même temps croient à leurs fictions ».