Esthétiques musicales de l'empreinte

La transcription automatique des sons sous forme de partition, naguère chimérique, est devenue une opération banale dans le contexte de la composition assistée par ordinateur au cours des trois dernières décennies. Plus spécifiquement, certains musiciens du XXIe siècle ont prolongé et renouvelé la technique de la « synthèse instrumentale » qui avait émergé au sein du mouvement spectraliste dans les années 1970 et consistait à faire jouer par un orchestre les principales composantes fréquentielles d’un son, déterminées préalablement par une analyse acoustique. J’interrogerai les implications esthétiques de la généralisation de cette opération, dite de « resynthèse », que l’on retrouve aujourd’hui dans divers contextes parfois sans lien avec la pensée spectrale. Qu’en est-il de l’écriture musicale lorsqu’elle sert à mimer un son préexistant ? Qu’est-on censé entendre dans ces empreintes sonores ?