Le principe de majorité (séminaire du 2 avril 2008)

P. Pasquino s’est attaché à expliciter le rôle et la légitimité des organes non élus, et notamment des cours constitutionnelles. L’élection des représentants n’est qu’une partie seulement de la réalité constitutionnelle de nos démocraties modernes. Or, la présence des cours constitutionnelles montre les limites du principe majoritaire. Celui-ci est à la fois une règle d’autorisation et une règle de nomination. Mais il ne consiste pas à choisir une politique. Ce qui le justifie, c’est qu’il impose une forme spécifique d’égalité (toutes les opinions ont le même poids). Mais le principe de majorité ne peut décider de tout : il ne peut, par exemple, abolir la séparation des pouvoirs ou remettre en cause des droits établis comme inviolables. Le principe du souverain doit être limité par un certain nombre de contrôles qui ne doivent pas être liés aux élections.