Fédéralisme ou cosmopolitisme ? Quel principe politique pour l'Union européenne ?

Civilité, Légalité, Publicité : ce sont trois principes, respectivement advenus aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles. On peut y voir un legs de l'Europe historique à l'Europe politique. Sous l'égide du principe de Souveraineté, leur mise en cohérence fut réalisée dans l'État de droit démocratique. Ainsi put être gérée la tension entre, d'une part, les exigences de la souveraineté populaire et de l'autonomie civique, pôle du Commun (la volonté politique d'un peuple), et, d'autre part, celles des droits fondamentaux et de la justice politique, pôle de l'Universel (les principes d'une société juste)... Une synthèse délicate dont on demande ce qu'il en advient dans un contexte de globalisation.

La question du sens de la construction européenne s'inscrit dans ce contexte. L'alternative est claire : adaptation économique pure et simple, ou rattrapage, reconquête politique ?

On défend la thèse selon laquelle la réponse politique appropriée à la mondialisation économique, en ce qui concerne l'Union européenne, ne réside pas dans un fédéralisme supranational, mais dans un cosmopolitisme processuel dont la structure de base, à distance des théories contemporaines de ladite « démocratie cosmopolitique », articule, suivant l'inspiration kantienne, « trois niveaux de relations du droit public ».