Religions, institutions et société de la Rome antique

Présentation

John Scheid - Chaire "Religion, institutions et société de la Rome antique"

Fana Templa Delubra

Corpus des lieux de culte de l'Italie antique

La religion est un excellent outil pour poser et analyser les questions générales de l’histoire antique, car elle était présente dans toutes les communautés comme un élément central de la vie quotidienne, civique et sociale. En outre, les traces monumentales et matérielles laissées par les pratiques religieuses ont généralement bien survécu et offrent donc une voie d’accès privilégiée vers la civilisation antique.

L’importante documentation archéologique et littéraire fournie par les fouilles et les textes est, en revanche, très dispersée et mal publiée, ce qui interdit fréquemment aux savants comme aux étudiants, doctorants et amoureux du monde antique d’établir le contexte historique des trouvailles, voire même de connaître l’existence de ces documents.

Pour pallier ce problème, il a été décidé de constituer un corpus de toutes les sources : littéraires et archéologiques, entre le VIIe s. av. et le VIIe s. ap. J.-C., et d’inventorier la documentation qui témoigne de l’existence d’un lieu de culte précis, afin d’accéder à toutes les sources antiques et informations bibliographiques actuellement disponibles.

Nous avons adopté le parti qui nous a semblé le plus efficace : inventorier les sources religieuses en les classant selon les lieux de culte. Seul cet ancrage, en effet, permet de le leur redonner tout leur sens. Les religions de l’Italie antique ne peuvent pas être comprises comme des subdivisions locales d’une religion universelle, italique ou romaine ; elles formaient des micro-systèmes homologues mais autonomes. Il convient donc d’étudier les témoignages sur la vie religieuse dans leurs contextes géographique, institutionnel et social.

Comme cadre général du corpus, nous avons choisi les régions augustéennes, au nombre de 11, et à l’intérieur de celles-ci les cités de l’époque romaine. Cette Italie romaine sert ensuite de point de départ pour reconstituer les territoires des communautés italiques pré-romaines, et aussi, à partir des IVe-Ve s. ap. J.-C., des diocèses chrétiens. Ce choix s’est imposé, car les régions de l’Italie augustéenne et les cités romaines sont les seules unités géographiques et institutionnelles dont nous connaissons de manière à peu près satisfaisante les limites.

Plan des lieux de culte

Régions augustéennes

Formes du corpus

Livres Scheid

Le corpus donne lieu à une publication papier de fascicules qui forment une collection de la maison d’édition italienne Quasar (deux volumes parus, deux en cours d’édition) et à une publication électronique éditée sur OpenEdition Books dans les collections du Collège de France. Liée à ces publications, nous réalisons une base de données. Les données des fascicules publiés sont d’ores et déjà en cours d’intégration. 

Organisation des fascicules

Une introduction précise pour chaque région augustéenne son histoire avant et après la romanisation. Des renvois aux autres régions rétablissent l’unité des peuples italiques, dont les territoires, trop mal connus pour pouvoir servir de cadre de saisie, appartiennent parfois à plusieurs régions augustéennes.

La présentation des cités romaines envisagées en tant que cadre de la vie religieuse comprend deux parties. Une introduction rappelle d’abord les principales données historiques, topographiques et institutionnelles de la cité dans l’objectif de fournir une vue d’ensemble des lieux de culte italiques qui se sont trouvés à un moment quelconque à l’intérieur des limites territoriales couvertes par la cité romaine – qu’ils existent encore ou non à l’époque augustéenne. Vient ensuite le tableau des lieux de culte à l’époque romaine, classés en lieux de culte urbains et lieux de culte du territoire, en cultes publics et cultes privés. De cette manière, le lecteur dispose immédiatement d’informations précises sur la vie religieuse de la cité en question.

Les fiches proprement dites forment le corps de l’ouvrage : chaque lieu de culte raisonnablement identifiable en tant que tel fait l’objet d’une fiche normalisée. Les nécessaires distinctions ayant été établies dès l’introduction, les lieux de culte, quelles que soient leur importance, leur situation et leur époque, sont désormais enregistrés par ordre purement alphabétique, sous le toponyme italien moderne correspondant (de manière à ne pas préjuger d’identifications trop souvent hypothétiques). Aisé à consulter, l’inventaire permet donc de mettre sur le même plan sites grecs, italiques et romains sans risque de confusion ni d’aplatissement, sans appliquer indûment aux uns les caractéristiques des autres.

À l’intérieur de chaque fiche, l’ordre des rubriques est toujours le même. D’abord une brève présentation, aussi objective que possible (localisation, histoire de la recherche). Puis les sources écrites, textes et inscriptions : elles sont reproduites in extenso et pourvues d’une traduction, éventuellement d’un apparat critique et d’un commentaire. On passe ensuite aux sources archéologiques, structures et mobilier : elles sont décrites de manière synthétique selon des grilles descriptives normalisées. Une bibliographie exhaustive complète la fiche. L’inventaire est réalisé dans la langue de l’équipe concernée.


L’iconographie est conçue sous forme d’atlas. Le choix d’échelles constantes facilite les comparaisons. Sont fournies : des cartes des territoires des cités, avec localisation des lieux de culte ; des plans de chacun de ceux-ci ; éventuellement, des plans de détail et des planches de matériel choisi. Ni les nécropoles, ni les lieux de culte domestiques ne font l’objet de fiches séparées. Leur nombre très élevé risquerait de déséquilibrer l’ensemble et d’alourdir très considérablement le travail.

 

Carte de territoire

Carte de territoire

Plan d'un site

Plan d’un site (basilique SS. Annunziata)

L’inventaire a été conçu à l’initiative de John Scheid dans le cadre de l’Unité Mixte de Recherche n° 8585 (Centre Gustave Glotz), et la publication de ses volumes a été soutenue par le Collège de France. Des collègues de plusieurs nationalités se sont associés au projet impliquant leurs équipes respectives. D’ores et déjà, l’inventaire concerne plusieurs régions d’Italie dans le cadre de collaborations avec les Surintendances Archéologiques concernées.

aulos

Relief de fronton en terre cuite, joueur d’aulos

Collection d'ouvrages en ligne

Fana, templa, delubra. Corpus dei luoghi di culto dell’Italia antica (FTD). Collection de l’Institut des civilisations, série : Mondes méditerranéens antiques. Trois fascicules en ligne, le quatrième en cours de publication.