Résumé du cours du 22 février 2018

Du contraste dessiné en creux par Hérodote entre les coutumes des Grecs et celles des Perses, des Scythes et d’autres peuples ressortent divers éléments qui permettent d’identifier les composantes des nomoi qui concernent les dieux. En outre, dans le cadre du livre II dédié à l’Égypte, l’enquêteur prend position sur les « affaires divines » et affirme qu’il n’en parlera pas, sauf en ce qui concerne les ounomata. L’analyse des implications de cette restriction programmatique permet de mieux comprendre la place des dieux dans l’Enquête,notamment en regard de la poésie antérieure. Quant aux ounomata divins, la portée du terme s’éclaire dans le cadre de la véritable « histoire du polythéisme » que raconte Hérodote au début du livre II. Ce qu’il désigne par le terme ounoma/ounomata est moins le « nom » des dieux que leur « dénomination », c’est-à-dire le fait d’identifier, en leur attribuant un nom spécifique, des profils divins au sein d’un ensemble de dieux jadis indifférenciés. Chaque peuple est susceptible de procéder ainsi et l’identification de tels « profils » peut ensuite être transmise d’un peuple à l’autre. Dans la logique diffusionniste mise en place par Hérodote, la grande ancienneté qu’il attribue aux Égyptiens les institue en généreux pourvoyeurs de « dénominations » divines. C’est ensuite aux poètes Homère et Hésiode qu’Hérodote attribue la complexification de la représentation des dieux propre aux Grecs. La religion en général et la religion grecque en particulier telles que les conçoit l’enquêteur sont bien des institutions humaines, culturellement déterminées.