Résumé du cours du 22 mars

Après avoir posé la question de l’arrière-plan partagé par les Grecs dans le registre de la représentation des dieux et analysé l’expression nomizein tous theous, il s’agit cette fois d’en venir aux pratiques rituelles qu’évoque également cette expression. Peut-on déceler un arrière-plan partagé dans le registre des rituels grecs et, tout particulièrement, dans les pratiques sacrificielles ? Pour répondre à cette question, le texte d’Hérodote sur le sacrifice perse (I, 132) offre l’opportunité de déceler, en creux, les caractéristiques du sacrifice grec, qu’il s’agit ensuite de comparer aux quelques textes épiques et comiques mettant des sacrifices en scène. Une « trame » sacrificielle se dégage de cet exercice de comparaison entre des textes dits « littéraires ».

Si ces derniers nous permettent d’atteindre un certain degré de généralité dans la structure du sacrifice sanglant « à la grecque », peut-on déceler un tel arrière-plan dans la documentation épigraphique elle-même ou bien ces documents ne consignent-ils que les variations, les motifs sur la trame ? Une remarquable stèle inscrite mise au jour en 2002 à Marmarini/Larisa en Thessalie offre une réponse d’autant plus remarquable à cette question que c’est la première fois qu’apparaît explicitement, dans un texte épigraphique, l’expression de « norme grecque » (Hellenikos nomos) pour désigner une procédure sacrificielle. L’analyse de ce texte permet de circonscrire quel type de manipulation de l’animal sacrifié était conçu comme relevant d’une « manière grecque de faire ».