Résumé du cours du 8 mars

Poursuivant l’investigation sur les « dieux grecs, dieux des Grecs », il s’agit cette fois de comprendre la portée de ce groupement générique en relation avec l’identité possible des dieux singuliers qui le composent. Considérant le cas parallèle des Douze dieux, on voit qu’il peut s’agir d’une entité cultuelle destinataire de l’hommage des hommes. Mais le groupe est également susceptible, dans des contextes déterminés, de se déployer en dieux distincts. La notion de « dieux grecs » n’est pas qu’une abstraction mobilisée à des fins rhétoriques. L’Hellenion documenté par Hérodote et par des dédicaces atteste son potentiel ancrage concret et les représentations qu’il véhicule. Par ailleurs, l’Enquête elle-même montre que la dénomination des theoi, un processus qu’Hérodote fait remonter aux Pélasges instruits par les Égyptiens, s’adresse potentiellement à tous les Grecs.

Qu’en est-il dès lors de la relation entre le nom d’un dieu présent dans cet imaginaire partagé par les Grecs et les surnoms – que l’on appelle des épiclèses – qui lui sont attribués à l’échelle locale ? Autrement dit, un dieu conserve-t-il, ou non, une unité derrière la multiplicité des cultes qu’il reçoit ? C’est une réponse positive que permet d’esquisser l’analyse des différents facteurs de multiplication des entités du monde supra-humain des Grecs. Que ce soit le groupe des « dieux grecs », celui des « Douze dieux », les collectifs féminins comme les Charites ou les Muses, ou encore chaque divinité dont le nom est au singulier et reçoit des épiclèses dans les cultes, les Grecs les concevaient comme des puissances qui pouvaient se condenser ou se déployer selon les contextes et les attentes de ceux qui les honoraient.