Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
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Résumé

Selon Hérodote (II, 50), « les Égyptiens n’ont pas l’usage des héros », ce qui signifie qu’ils ne rendent pas de culte à ce type d’entités et qu’on a affaire à une particularité grecque. Le nom même de ces entités impose de se pencher d’abord sur l’épopée, en tant que creuset du terme ἥρως qui y désigne les protagonistes humains de l’intrigue, les « seigneurs de guerre » dans l’Iliade, et les « seigneurs » tout court dans l’Odyssée, où les domaines d’excellence sont plus variés (poètes, devins, membres de l’assemblée civique). Mais l’épopée homérique ne donne aucune prise à la notion de « héros cultuel » telle qu’Hérodote l’évoque au livre II de son Enquête. Dans Les Travaux et les Jours d’Hésiode, le récit des cinq espèces humaines, dit aussi « mythe des races », évoque l’espèce des héros après les genē d’or, d’argent, de bronze, et avant le genos de fer, qui marque le présent de l’énonciation poétique. Ces héros sont « ceux que l’on appelle demi-dieux » et qui sont morts devant Thèbes et Troie. Seuls quelques-uns échappent à l’Hadès pour rejoindre les îles des Bienheureux aux marges du monde. Contrairement aux défunts des âges d’or et d’argent, qui reçoivent des honneurs post-mortem (un geras ou une timē), rien n’est dit des héros sur ce plan.