Yves Bonnefoy Chaire d'Études comparées de la fonction poétique (1981-1993)

Biographie

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Yves Bonnefoy est né à Tours (Indre-et-Loire) le 24 juin 1923. Décédé le 1er juillet 2016.

Ses parents, originaires du Lot et de l’Aveyron, étaient, l’un, ouvrier monteur aux ateliers de chemins de fer, l’autre, institutrice. Après des études de mathématiques dans les classes préparatoires du lycée Descartes de Tours et à l’Université de Poitiers, il décida en 1943 de s’installer à Paris et de se consacrer à la poésie. Il étudia alors la philosophie et l’histoire des sciences à la Sorbonne, auprès de Jean Wahl et de Gaston Bachelard. Malgré une période de proximité avec le surréalisme, il s’en éloigna rapidement, refusant en 1947 de signer le manifeste de l’Exposition internationale du surréalisme. Dans les années cinquante il effectua, grâce à des bourses, divers voyages en Italie – ce qui l’amena ensuite à suivre le séminaire d’André Chastel à l’École pratique des Hautes Études. Puis il fut durant trois années attaché de recherches au CNRS, menant une étude de la méthodologie critique aux États-Unis.
En 1953, le recueil Du mouvement et de l’immobilité de Douve, publié au Mercure de France qui restera son éditeur, le fit connaître comme poète. Suivirent Hier régnant désert, Pierre écrite, Dans le leurre du seuil aujourd’hui réunis, avec Douve, sous le titre Poèmes (Poésie/Gallimard) ; puis Ce qui fut sans lumière (1987), Début et fin de la neige (1991), La Vie errante (1993), Les Planches courbes (2003), La Longue Chaîne de l’ancre (2008). Les proses poétiques, dont une des premières est L’Arrière-pays (1972), autobiographie sous l’angle du rapport à l’œuvre d’art, se sont développées depuis les Récits en rêve (1987).
Publications historiques et critiques à partir de 1954, avec une monographie consacrée aux Peintures murales de la France gothique. Ces travaux ont pris ensuite la forme de recueils d’essais critiques (L’Improbable et autres essais ; Le Nuage rouge ; La Vérité de parole ; Entretiens sur la poésie ; Remarques sur le dessin ; Dessin, couleur et lumière ; Sous l’horizon du langage) ou de monographies (Rome, 1630 ; Giacometti. Biographie d’une œuvre ; Goya, les peintures noires ; Breton à l’avant de soi ; Notre besoin de Rimbaud). De même visée que les poèmes, ils portent sur les diverses formes et époques de la création artistique, éclairant la conscience que l’activité poétique y a d’elle-même. Ils vont de pair avec une activité de traducteur de Shakespeare (à ce jour, une quinzaine d’œuvres de Shakespeare ont été traduites, précédées de préfaces), de la poésie de Yeats (Quarante-cinq poèmes de Yeats), de Keats, Leopardi et Pétrarque, et avec des études sur la création poétique et la lecture critique ainsi qu’avec une pensée de la traduction : Théâtre et poésie. Shakespeare et Yeats ; L’Imaginaire métaphysique ; La Stratégie de l’énigme ; L’Alliance de la poésie et de la musique ; La Communauté des traducteurs ; La Communauté des critiques.

À partir de 1960, Yves Bonnefoy a été régulièrement l’invité, pour des périodes d’enseignement, d’universités françaises ou étrangères. C’est ainsi qu’il a été professeur associé au Centre Universitaire de Vincennes (1969-1970), à l’Université de Nice (1973-1976) et à l’Université d’Aix-en-Provence (1979-1981), et qu’il a enseigné aussi à la City University of New York, à Brandeis University, à l’Université Yale, à Williams College (Williamstown, USA) ou à l’Université de Genève.
Élu en 1981 professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’Études comparées de la fonction poétique, il y a enseigné jusqu’en 1993. Les résumés de ses cours ont été rassemblés aux éditions du Seuil dans Lieux et destins de l’image : un cours de poétique au Collège de France (1981-1993) de même qu’une anthologie de la série des colloques fermés sur « la conscience de soi de la poésie » que durant ces années il a réunis à la Fondation Hugot du Collège de France : La Conscience de soi de la poésie, anthologie des colloques de la Fondation Hugot.
Il a été co-rédacteur de la revue L’Éphémère pendant sa durée d’existence (1966-1972). Il a dirigé chez Flammarion la collection « Idées et Recherches » et fut chez le même éditeur le maître d’œuvre du Dictionnaire des mythologies et des religions des sociétés traditionnelles et du monde antique.

Yves Bonnefoy a reçu de nombreux prix, parmi lesquels on peut relever le Prix des Critiques (1971), le Grand Prix de poésie de l’Académie Française (1981), le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres (1987), le Grand Prix national de Poésie (1993), le prix de la Fondation Cino del Duca (1995) et dans d’autres pays le Prix Montaigne (1978), le Prix Balzan (1995) et le Prix Kafka (2007).
Il a été fait docteur « honoris causa » par l’Université de Neuchâtel, l’American College à Paris, l’Université de Chicago, Trinity College (Dublin), les Universités d’Edimbourg, de Rome, d’Oxford et de Sienne.

Son œuvre est traduite en plus de trente langues. Elle a fait l’objet d’expositions à la Bibliothèque Nationale en 1992, au Musée du Château de Tours en 1993, au musée Jenisch à Vevey (Suisse) en 1996, au Musée des Beaux-Arts et au Château de Tours en 2005. Un Cahier de l’Herne Yves Bonnefoy est sorti en 2010.