Quelles leçons l’expérience haïtienne peut-elle apporter au monde d’aujourd’hui ? Au début du XIXe siècle, une civilisation s’est mise en place en Haïti dans ses formes savantes et populaires. Sa littérature écrite est une première réponse, dans sa posture même de bravade et de panache, qui démontre une incontestable manière d’habiter le monde « de plein jour et de plain-pied ». On connaît moins bien les formes savantes de sa musique, de sa peinture. Et leurs expressions populaires ont souffert de présentations souvent réductrices.

Les formes populaires d’expression se sont construites dans une forte cohérence en proposant une vision du monde autour, entre autres, du vodou, d’un mode d’occupation de l’espace, d’une langue. Vision qui tourne résolument le dos à celle de la Grande Plantation qui allait s’imposer dans la Caraïbe et l’Amérique latine pendant le XIXe siècle.

Entre la culture populaire et la culture savante, il n’y a jamais eu de totale étanchéité et depuis la deuxième moitié du XXe siècle nous assistons à un dialogue, souvent heurté, parfois harmonieux, mais toujours fécond entre les deux.

La créativité en littérature, en musique et en arts plastiques témoigne aujourd’hui de l’indéniable ouverture du « pays en dehors », de l’impact des phénomènes migratoires et de la transformation des imaginaires avec la globalisation, mais surtout de la puissance de résistance de la beauté. Résistance et beauté comme des utopies pour habiter demain.

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