05 avr 2019
11:00 - 12:00
Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Résumé

Si les frontières, les contextes géopolitiques, patrimoniaux et institutionnels diffèrent, et si les objets eux-mêmes reviennent transformés au cours des translocations d’œuvres d’art, les réappropriations effectuées à leur retour différeront également. Chaque État, société, village, communauté, mais aussi les scientifiques, académies et universités lorsqu’elles existent, reprennent différemment leur patrimoine en main.

La dimension politique de ces retours, qu’illustrent parfaitement les multiples fêtes, mais aussi la myriade de pamphlets, programmes, textes et poèmes publiés pour célébrer le retour des chevaux de Saint-Marc à Venise en 1815, peut ainsi être mise en relation avec la réappropriation scientifique des objets récupérés. Les nombreux examens photographiques ou radiographiques, travaux de restauration et/ou de réattribution auxquels ils sont soumis quand ils reviennent en modifient durablement la valeur et la forme d’usage, parfois de manière instantanée, mais parfois également au terme de processus très longs, au gré de l’évolution des mentalités, des cadres institutionnels et des infrastructures, comme cela a été le cas pour le Sinzig, saint allemand au corps momifié restitué par la France en 1815 et présenté pendant deux siècles dans un sarcophage transparent, avant d’être enterré le 30 mai 2017 dans la paroisse locale.