20 mai 2014
15:30 - 16:30
Amphithéâtre Guillaume Budé, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Le premier cours a comporté une introduction rappelant quels sont les principaux mécanismes effecteurs de l’immunité innée (barrière physique passive et active, réponses sécrétoires et cellulaires) et de l’immunité adaptative (fonction des lymphocytes T et B). Nous avons évoqué ensuite les questions fondamentales et médicales qui « justifient » le fait de chercher à caractériser « l’état de santé » du système immunitaire d’un être vivant ou d’une population. Les différentes approches d’analyse ont été présentées en indiquant les progrès technologiques décisifs survenus au cours de ces dernières années : depuis l’analyse phénotypique par cytométrie en flux des années 1980 et les possibilités d’analyse multiparamétriques offertes par l’utilisation de la déconvolution spectrale des rayonnements de fluorescence émis par des fluorochromes couplés à des anticorps monoclonaux, jusqu’à l’analyse par spectrométrie de masse de métaux lourds couplés à des anticorps fixés aux cellules d’intérêt. L’utilisation de la microscopie biphotonique permet aujourd’hui de visualiser in vivo chez l’animal le comportement de cellules du système immunitaire, par exemple au cours de leur activation dans un organe lymphoïde secondaire. Il est désormais possible de combiner cette visualisation dynamique avec une imagerie fonctionnelle qui objective des événements d’activation ou de réponse biologique telle que la cytotoxicité ou la production de cytokines. Une troisième ligne de recherche concerne l’étude du profil d’expression des gènes par type cellulaire particulier, en fonction d’une stimulation donnée. Couplé à l’analyse du polymorphisme de variants du génome au sein d’une population donnée, il devient ainsi possible de mettre en évidence des corrélations en « cis » et en « trans » entre séquences génétiques données et le degré d’expression génique. Ces travaux pourront permettre d’identifier des voies moléculaires clés, en jeu lors de réponses à des microorganismes, ainsi que leur variabilité génétique (susceptible d’expliquer la vulnérabilité/résistance à certaines infections et corrélée à des facteurs de risque de réponses pathologiques auto-immunes ou inflammatoires). Les analyses de ces données à grande échelle, combinées à la détermination qualitative et quantitative des microbes (bactéries, virus…) présents au niveau de la peau, des muqueuses ou du sang, commencent ainsi à contribuer à déterminer « l’état de santé » du système immunitaire.