11 avr 2013
14:00 - 15:00
Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Plusieurs textes dans la BH semblent évoquer une « résurrection » collective. Ez 37,1-10 met en scène une nouvelle création. Il ne s’agit pas (encore) de l’idée d’une résurrection individuelle à la fin des temps, bien que la tradition chrétienne l’ait souvent interprété en ce sens, mais de l’affirmation d’une nouvelle vie possible pour une communauté meurtrie. La vision d’Ez 37,1-10 est une parabole de la restauration des judéens exilés. On considère souvent ces versets comme une relecture ultérieure qui aurait interprété la vision originelle du prophète dans le sens d’une résurrection concrète des morts à la fin des temps. Cependant, l’idée que Yhwh ouvre les tombeaux pour ramener ceux qui s’y trouvent vers leur pays trouve sans doute son origine dans la pratique du transport des ossements bien attestée pour le monde biblique, mais également en Mésopotamie [1]. Le dicton « nos os sont desséchés » qui décrit la mort métaphorique sert ici à introduire un oracle de salut annonçant le retour dans le pays, à l’aide de la coutume du transport des ossements. Ce retour est possible puisque les ossements symbolisent la présence des « morts » qui peuvent par l’intervention de Yhwh reprendre vie.

Spéculations sur la fin du monde

Jusqu’au IVe ou IIIe siècle avant l’ère chrétienne, le Proche-Orient ancien semble assez peu intéressé par des spéculations sur la fin du monde, avec une grande exception : le mythe du Déluge qui met en scène la disparition d’un monde. Mais cette fin du monde se situe en amont et non à la fin du temps. Selon les récits du déluge, très populaires, dans le Proche-Orient ancien, la fin du monde a déjà eu lieu. Les versions du déluge réunis dans les chapitres 6 à 9 du livre de la Genèse partagent des préoccupations que l’on trouve ailleurs dans le POA. Ces récits permettent d’enregistrer une césure entre une première création (idéale) et la création « redéfinie » après le déluge, qui est bien évidemment celle dans laquelle vivent les destinataires de tels récits. Les héros qui échappent au déluge sont les ancêtres, voire les représentants de l’humanité qui a pu survivre à la catastrophe et qui, par l’établissement d’un culte (voir le rôle des sacrifices), cherchent à maintenir la relation avec le monde divin.

Références

[1] S. Olyan, « Unnoticed Resonances of Tomb Opening and Transportation of the Remains of the Dead in Ezekiel 37:12-14 », JBL 128, 2009, p. 491-501.