10 déc 2018
11:00 - 12:00
Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
URL de la vidéo

Résumé

Les années vingt du règne de Samsu-iluna ne virent pas seulement un rétrécissement sensible du territoire de la Babylonie : la situation économique se dégrada une fois de plus, ce qui entraîna diverses interventions du souverain.

On a commencé par analyser une lettre de Samsu-iluna aux autorités de Sippar, connue par plusieurs copies plus tardives, qui permet de constater que le fils de Hammu-rabi ne se désintéressait pas plus de la justice que son prédécesseur. Cette lettre contient les réponses du roi aux autorités de Sippar qui lui avaient posé deux questions à propos des religieuses-nadîtum vouées au dieu de leur ville et dont la situation économique et juridique faisait problème. Il s’agit d’abord du cas des jeunes filles que leur famille faisait entrer dans le cloître de Sippar comme religieuses-nadîtum sans leur donner de moyens de subsistance convenables : le roi interdit cette pratique. La seconde question était de savoir si un créancier pouvait saisir les biens d’une nadîtum dont le père était insolvable : la réponse est négative. La lettre du roi nous est connue par quatre copies postérieures d'environ un siècle à l'original. Deux de ces copies comportent un colophon, montrant qu'un exemplaire du texte était à la disposition des autorités du cloître, donc à Sippar-Yahrurum, un autre se trouvant dans le temple de Šamaš de Sippar-Amnanum. Les réponses du roi sont formulées comme des règles générales : il ne s'agit pas pour autant de paragraphes supplémentaires au Code de Hammu-rabi. Il n’y eut pas de « réédition mise à jour » de ce texte : les copies postérieures que nous en possédons sont ne varietur. Sans doute en raison du prestige attaché à la figure de Hammu-rabi, on ne jugea pas possible (ou souhaitable) de le modifier ; il resta donc tel quel un monument glorifiant la justice du roi. Mais les juges avaient à leur disposition des lettres telles que celle-ci qui leur permettaient de connaître la jurisprudence. Le meilleur terme pour qualifier un tel document est sans doute celui de rescrit, comme l'a proposé S. Démare-Lafont dans un article de 1997.