03 déc 2018
11:00 - 12:00
Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Résumé

Après avoir repris le contrôle d'Ešnunna et de la basse vallée de la Diyala, Samsu-iluna fit des tentatives moins heureuses au nord et à l'ouest de la Babylonie ; au sud, il finit par perdre ce qui lui restait du pays de Sumer.

Pendant longtemps, le nom de l'année 23 est resté mystérieux : « Année où le roi Samsu-iluna, grâce à la force impétueuse qu'Enlil lui a donnée, détruisit Šahna, capitale du pays d'Apum, Zarhanum, Putra et Šuša… » La question était de savoir où se situait ce pays d'Apum et surtout quelle était cette ville de Šahna. Ce sont les fouilles de Tell Leilan, à quelques kilomètres à l'est de l'actuelle ville de Qameshliye en Syrie du nord-est qui ont donné des éléments clés, le problème ayant été définitivement résolu grâce aux archives royales de Mari. Le site de Tell Leilan a pu être identifié avec la ville antique de Šubat-Enlil, qui portait également le nom de Šehna/Šahna. Les archives découvertes en 1987 dans le palais oriental de la ville basse documentent les trois derniers règnes de l'époque paléo-babylonienne : Mutiya, fils de Halun-pi-Umu ; Till-Abnu, frère du précédent ; et Yakun-Ašar, fils de Dari-epuh. Près de 200 lettres ainsi que 5 traités ont été publiés en 2011, qui permettent de reconstituer la vie de ce royaume de Haute-Mésopotamie. La situation a bien changé dans les décennies qui ont suivi la destruction de Mari par Hammu-rabi : désormais, c'était le roi d'Alep qui était reconnu comme la puissance dominante sur le triangle du Habur. Les lettres retrouvées à Tell Leilan nous donnent une vue très détaillée des relations diplomatiques que les rois locaux entretenaient avec leurs voisins. On ignore pourquoi Samsu-iluna se lança dans cette campagne contre le pays d'Apum. Du moins voit-on qu'il n'essaya nullement de s'implanter si loin de son royaume : il n'est question que de destruction, pas de contrôle de cette région.

Références

[1] Voir en dernier lieu Sh. Yamada, « Sim’alites at Ṭabatum and the Origin of the Kingdom of the “Land of Hana” », dans G. Chambon, M. Guichard & A.-I. Langlois (éd.), avec la participation de Th. Römer et N. Ziegler, De l'argile au numérique. Mélanges assyriologiques en l'honneur de Dominique Charpin, PIPOAC 3, Louvain/Paris/Bristol, 2019, p. 1189-1208.

[2] O. Rouault, « Zimrī-Lîm von Terqa », dans Reallexikon der Assyriologie und vorderasiatischen Archäologie 15, Berlin/New York, 2017, p. 299-300.

[3] Les textes issus de ces fouilles viennent d'être publiés par C. Wilcke, Keilschrifttexte aus Isin. Die inschriftlichen Funde der ersten Kampagnen der Ausgrabungen der Deutschen Forschungsgemeinschaft am Išan Bahriyat, Abhandlungen der Bayerische Akademie der Wissenschaften 143, Munich, 2018 (catalogue et copies, sans édition).

[4] On doit signaler la récente parution du reste des archives conservées à Iéna : A. Goddeeris, The Old Babylonian Legal and Administrative Texts in the Hilprecht Collection Jena. With a contribution by Ursula Seidl, Texte und Materialien der Frau Professor Hilprecht-Collection of Babylonian Antiquities im Eigentum der Friedrich-Schiller-Universität Jena 10, Wiesbaden, 2016.

[5] O. Boivin, The First Dynasty of the Sealand in Mesopotamia, Studies in Ancient Near Eastern Records 20, Boston/Berlin, 2018.