26 fév 2018
16:00 - 17:30
Amphithéâtre Maurice Halbwachs, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Dans ce dernier cours, j’étudie le fait que la plupart des maladies humaines présentent des différences de sexe spécifiques en matière de prévalence, d’âge d’apparition et/ou de gravité. Ceci inclut les troubles neurologiques et psychiatriques ; les maladies cardiovasculaires qui sont prédominantes chez les hommes à l’âge adulte, mais plus fréquentes chez les femmes ménopausées que chez les hommes ; l’asthme, qui est plus répandu chez les garçons dans l’enfance, mais qui est plus fréquent chez les filles à la puberté et après ; plusieurs types de cancer.

Enfin, les maladies auto-immunes constituent le cas le plus frappant car elles sont beaucoup plus répandues chez les femmes tout au long de leur vie, mais plus particulièrement dans le cas des maladies qui débutent pendant ou immédiatement après les années de reproduction. Il s’avère que le chromosome X possède la plus forte densité de gènes liés au système immunitaire parmi tous les chromosomes. Il semble important que ces gènes soient régulés correctement, en particulier dans les cellules du système immunitaire.

Dans la maladie du lupus, les niveaux d’expression plus élevés (comme les récepteurs Toll-like 7, Tlr7) ont été observés pour certains de ces gènes. Ce changement d’expression modifie le comportement des cellules et, dans le cas du lupus, ce changement est associé à des phénotypes de maladies auto-immunes beaucoup plus graves. Les études récentes dans les cellules du système immunitaire démontre une dynamique remarquable de l’expression des gènes liés à l’X chez les femelles, due à une plasticité épigénétique inattendue dans certains lignages adultes. Les recherches sont en cours pour mieux comprendre les mécanismes moléculaires qui conduisent à une telle plasticité. Ceci ouvre une nouvelle ère de recherche dans le domaine de la compensation de dose pour les chromosomes sexuels et l’étude de la variation génétique et épigénétique, qui sont responsables des différences entre individus.