Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
-

Résumé

Outre les « avant-dire » (brouillons et rédactions préparatoires) du Cours de poétique, outre des notes prises par les auditeurs, parmi lesquelles quelques transcriptions à base de sténotypes, l’éditeur du Cours trouve dans l’immense fonds Valéry de la Bibliothèque nationale de France les Cahiers (de pensées) que Valéry avait rédigés depuis 1894 et qu’il commença à classer et dactylographier à partir des années 1920. Il mit en place un système de renvois, sous la forme de signes codés, entre les notes des Cahiers et copia les plus significatives d’entre elles sur des feuilles volantes, qui furent ensuite classées de façon thématique. Toute cette matière contribua à nourrir, en amont des leçons, les brouillons et les notes préparatoires de Valéry pour le Cours de poétique.

Valéry, qui n’avait jamais enseigné jusqu’à son entrée au Collège de France, à l’âge de 66 ans, était particulièrement inquiet de la qualité de ses cours. Ainsi, ce sont surtout les premiers cours des premières années qui furent rédigés sous la forme de textes assez longs, qu’il dicta à une dactylographe. Ces documents n’étaient pas le cours à proprement parler mais des notes préparatoires détaillées, éventuellement complétées par des marginalia de la main de Valéry.

Parmi les différentes éditions possibles de tels documents, nous avons choisi de proposer aux lecteurs un « état final », c’est-à-dire une édition qui rende compte au plus près de ce qui a dû être prononcé par Paul Valéry, en évitant toutefois les marques d’oralité (tics de langage, épanorthoses sans intérêt, discours phatique, etc.) et sans qu’apparaisse toute la « génétique » du texte (réunion de feuilles volantes, interpolations introductives…) Cette édition, qui privilégie la dimension intellectuelle du cours, évite de voir les « sutures » et les difficultés de l’éditeur, lorsqu’il est confronté à des indications partielles, ne donnant que le numéro de la leçon, ou seulement la date. Une recherche dans les archives du Collège de France a permis de retrouver les registres signés par les professeurs avant chaque cours, et ainsi d’être certain du nombre de cours donnés et de leur numéro respectif.

Juste avant la publication prévue, une découverte fortuite à la bibliothèque Jacques-Doucet a permis de retrouver les retranscriptions de seize leçons de la dernière année (1945), ainsi que des lettres. Parmi ces dernières, une lettre de Gaston Gallimard faisait référence aux retranscriptions de douze leçons de la première année (1937). Elles ont été retrouvées dans les archives de Gallimard. Ainsi, l’édition initiale des Cours a été augmentée de vingt-huit nouvelles leçons, soit un volume supplémentaire.