Pragmatisme analytique et pragmatisme post-analytique : perspectives en philosophie de l'esprit (séminaire du 6 mars 2013)

À l’occasion de la cinquième séance, Pierre Steiner (université de Compiègne) s’est penché sur la question : « Pragmatisme analytique et pragmatisme post-analytique : perspectives en philosophie de l’esprit ». Si certains aspects du pragmatisme classique ont pu préparer le terrain pour la réception sélective de l’empirisme logique aux États-Unis à partir de 1930, d’autres aspects ont été redécouverts et mobilisés une quarantaine d’années plus tard par des auteurs « néo-pragmatistes » comme Rorty et Putnam pour conforter, rationaliser ou élargir de manière originale les critiques de ce même empirisme logique proposées par Quine, Goodman, Sellars et quelques autres à partir de 1951. Sur des présupposés discutables, car la philosophie analytique se trouve définie par une doctrine (l’empirisme logique), par une méthode (l’analyse logico-linguistique), voire par une pratique (stylistique), on a considéré que le « néo-pragmatisme » pouvait constituer une variété de philosophie dite « post-analytique », voire parfois « anti-analytique » (Margolis). Récemment (2006), en se réclamant d’un « pragmatisme analytique », le travail philosophique systématique de Robert Brandom a néanmoins rappelé que les relations entre pragmatisme (classique et contemporain) et philosophie analytique (mais laquelle ?) étaient toujours ouvertes et susceptibles d’être interrogées. L’articulation de ces deux courants, notamment sur la base d’un inférentialisme en philosophie du langage et de l’esprit, n’a cependant pas manqué, comme on l’a remarqué dans cette séance, de soulever des difficultés. Ces relations passées, présentes et possibles entre le pragmatisme et la philosophie analytique y ont été éclairées du point de vue de la philosophie de l’esprit, et dans une perspective externaliste.