Une défense de la vieille théorie B du temps

Résumé

La « vieille théorie B » du temps est une thèse ontologico-sémantique, selon laquelle il est possible d’éliminer, via une méthode de paraphrase logique, la croyance que les objets et événements transitent dans le temps. Cette doctrine a connu des défenseurs éminents au XXème siècle, comme Goodman (1940, 1951), Reichenbach (1947), et Smart (1949, 1963). Cependant, beaucoup jugent aujourd’hui que cette position est intenable et qu’il convient de la remplacer par une « nouvelle théorie B » du temps, pour laquelle l’idée d’un mouvement temporel, sans avoir de portée ontologique réelle, serait un aspect irréductible du langage et de notre cognition. Dans cette présentation, je chercherai à contester cette affirmation reçue. Il s’agira donc de poser les jalons d’une défense de la vieille théorie B du temps, plus particulièrement sous sa variante « token-reflexive ».

Présentation

Alexandre Declos

Alexandre Declos, agrégé et docteur en philosophie de l’Université d’Ottawa et de l’Université de Lorraine, est actuellement assistant du Professeur Tiercelin au sein de la chaire de Métaphysique et de Philosophie de la Connaissance au Collège de France. Il est l’auteur d’une thèse d’histoire de la philosophie analytique consacrée à l’œuvre de Nelson Goodman. En métaphysique, ses recherches portent sur la fondation métaphysique, le problème des espèces naturelles, le pluralisme ontologique, et la philosophie du temps. Il travaille également en esthétique analytique, notamment sur les questions relatives à l’ontologie de l’œuvre d’art et au cognitivisme esthétique.