Babel sur le Nil (2) : multilinguisme et multiculturalisme dans l'Égypte de l'Antiquité tardive

De la disparition progressive du démotique, à partir du Ier siècle apr. J.-C., au développement du copte, qui apparaît timidement dans la seconde moitié du IIIe siècle, les Égyptiens qui veulent écrire dans leur langue se trouvent dans une situation d’« agraphie » collective. Ressentant dès lors la nécessité de se créer un nouveau médium écrit qui leur permette de communiquer entre eux, en égyptien, dans un contexte où le grec est la langue officielle et finit par devenir leur moyen de communication écrit obligé, ils se sont tournés vers ce dernier pour élaborer une nouvelle écriture, le copte, qui puisse prendre la suite du démotique. Après avoir examiné les ultimes témoignages des anciennes écritures égyptiennes et effectué une mise au point terminologique et méthodologique sur la notion de « Copte/copte », on présente les expérimentations, antérieures à l’émergence du copte, de recours au grec pour noter de l’égyptien, à savoir, dès le IIIs av. J.-C., un système scriptural improprement dénommé pré-vieux-copte (et qui devrait être plutôt appelé sytème scriptural gréco-égyptien pour suivre une proposition récente de J.Fr. Quack), puis, dès le Ier s. apr. J.-C., le vieux-copte (qu’il serait plus légitime de désigner sous l’appellation pré-copte). Les témoignages conservés de pré-vieux-copte et de vieux-copte sont répertoriés, puis soumis à une analyse socioculturelle de leurs utilisateurs.