Babel sur le Nil (2) : multilinguisme et multiculturalisme dans l'Égypte de l'Antiquité tardive

Après avoir effectué un examen des textes en vieux-copte, on s’intéresse à la sociologie de leurs lecteurs et/ou rédacteurs, dans le but de définir les fonctions de cette écriture et d’identifier, non seulement les facteurs qui ont contribué à son développement et qui témoignent d’une profonde mutation culturelle des milieux égyptiens, en particulier sacerdotaux, mais aussi les caractéristiques paléographiques, textuelles et contextuelles qui le distinguent du copte. Afin de mieux comprendre ensuite le phénomène de l’émergence de ce dernier, on recourt à l’analyse de ses plus anciens témoignages écrits, qui se présentent généralement sous la forme de gloses, en accordant une attention particulière à l’ambiance socioculturelle dans laquelle ils ont été produits et utilisés. Le témoignage considéré comme le plus ancien est un exemplaire grec du Livre d’Isaïe (P.ChesterBeatty VII + P.Merton I 2 + PSI XII 1273). Datant vraisemblablement de la fin du IIIsiècle ou du début du IVsiècle, il est pourvu d’une cinquantaine de gloses marginales, majoritairement en copte fayoumique, mais aussi en grec. L’examen approfondi de ces gloses permet d’émettre des hypothèses sur leurs fonctions, et, ainsi, de cerner le profil de leur auteur.