L'archéologie au Collège de France

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Khorsabad

Khorsabad

Khorsabad. Porte ornée n°3 dégagée

L'histoire des fouilles archéologiques, de leurs apports, du traitement de leurs données et de leur archivage est souvent complexe car elle implique un grand nombre d'interactions entre des institutions qui les financent et les différentes équipes qui y participent : par exemple, même si un établissement n'intervient pas directement dans une fouille, son personnel peut y être directement impliqué et en traiter les données. Le Collège de France illustre bien tous ces niveaux d'implication.

Les professeurs qui y accèdent arrivent tous avec une longue histoire de recherche qu'ils font entrer en ses murs. Un parfait exemple de ces interactions peut être illustré par les travaux que J. Oppert développa à partir des résultats des fouilles de Khorsabad.

Le site de Khorsabad a été fouillé, à l'origine, dans les conditions pittoresques de l'époque par les consuls de France à Mossoul Paul-Émile Botta puis Victor Place entre 1843 et 1853. Les premières découvertes sont tellement spectaculaires que P.-E. Botta, venant de fouiller sans grand succès le tell de Kuyundjik, proche de Mossoul, pensait avoir trouvé à Khorsabad l'antique Ninive, ce qui explique le titre donné à la publication de ses résultats Monument de Ninive en cinq majestueux volumes, publiés entre 1849 et 1850. Il ne fut pas le seul à faire cette erreur car A. H. Layard, son collègue et contemporain britannique qui fouillait le site de Nimrud, pensa lui aussi y avoir retrouvé l'antique Ninive, comme l'illustre sa fameuse publication The Monuments of Nineveh éditée en 1853.

Loraine Marcheix, Chargée de ressources documentaires, Collège de France, IPOA, Paris
Lionel Marti, Chargé de recherche au CNRS, UMR 7192 PROCLAC, Paris