Les possibles du politique

  • « Faire mourir les morts » avec Marcel Détienne : « expérimenter, c’est se poser des questions et penser de manière dissonante » (Comment être autochtone. Du pur Athénien au Français raciné, Seuil, 2003)
  • Le meurtre originel aux origines de Rome : une lecture machiavélienne et dissonante, au fur antérieur (Thomas Berns, Violence de la loi, 1998)
  • Ouvrir le temps, raconter l’histoire d’une ville sans origine : l’origo des Romains
  • « Ce qu’apporte la figure d’Enée le Troyen n’est pas une altérité ethnique, mais une altérité formelle ; ce qui importe n’est pas qu’il soit grec ou troyen, mais qu’il ne soit jamais arrivé à Rome » (Florence Dupont, Rome, la ville sans origine, Paris, 2011)
  • Les origines troyennes du peuple franc chez le pseudo-Frédégaire et le Liber historiae Francorum, fiction politique
  • Au-delà du « mythe d’anoblissement collectif » (Colette Beaune, Naissance de la nation France, Paris, 1985), que signifie la reprise de cette fiction politique dans la légende européenne des peuples ?
  • Des Daci aux Dani : plasticité lexicale et invention littéraire
  • Expansion franque et siècle turc : le modèle politique inverse de l’hétérochtonie
  • Dans l’Italie communale également, « l’impossible sérénité des cités face à leurs origines » (Renaud Villard)
  • Le discours historien se situe sur cette ligne de fracture : les Mémoires de Commynes sont-elles des « Mémoires d’État » (Pierre Nora) ?
  • Livre III, chapitre 11 : Envyron ce temps, je vins au service du Roy (et fut l’an mil CCCCLXXII) : rejoindre le camp du vainqueur, chanter la Bourgogne comme une « Terre promise »
  • Traître ou transfuge ? « Commynes n’est pas l’enraciné d’un pays. Il quitte un premier pouvoir pour en gagner un second » (Joël Blanchard)
  • Négocier les fidélités : Louis XI organise « un véritable mercato au royaume de France » (Élodie Lecuppre-Desjardin, Le royaume inachevé des ducs de Bourgogne (XIVe-XVsiècles), Paris, 2016)
  • « L’incomplétude de l’État » : les critiques en téléologie du programme Genèse de l’État moderne
  • Penser l’État depuis « le cadre actuel de nos existences citoyennes » (Jean-Philippe Genet, préface à Joseph Strayer, Les Origines médiévales de l’État moderne)
  • La consistance politique du « complexe bourguignon » (Wim Blockmans et Walter Prévenier)
  • La bibliothèque des ducs de Bourgogne est « l’archive historique des futurs possibles » (Zrinka Stahuljak : voir sa conférence au Collège de France sur « Les fixeurs au Moyen Âge », https://www.college-de-france.fr/site/patrick-boucheron/guestlecturer-2018-06-22-16h00.htm)
  • « J’ai traversé ses pâturages, et personne ne savait rien de lui » (Guillaume de Rubrouck) La Lettre du prêtre Jean documente moins un ailleurs qu’un possible
  • Après la chute de Saint-Jean d’Acre (1291), une intense inventivité politique
  • Pierre Dubois, la paix perpétuelle, l’armée européenne et le tribunal d’arbitrage des litiges internationaux (De la reconquête de la Terre sainte, éd. Marianne Sághy, Alexis Léonas, Pierre-Anne Forcadet, Paris, 2019)
  • Seconde hypothèse rapportée aux sociétés médiévales : le système des pouvoirs tient globalement parce qu’il rend possible, ou pensable, la possibilité d’un autre devenir politique, qu’il maintient à distance mais à vue, dans les lointains, les fictions, ou les formes hétéropiques de communautés
  • De l’origo des Romains à la « chose publique » des Bourguignons : éloge politique du « signifiant flottant » (Claude Lévi-Strauss)
  • La res publica avant la République : reconnaître l’altéronomie, c’est-à-dire l’aptitude sociale « à l’imagination politique, à l’altérité comme à l’altération, aux clivages dans les conceptions et les pratiques » (Claudia Moatti, Res publica. Histoire romaine de la chose publique, Paris, 2018).