La tyrannie des rieurs

  1. « Mettre les rieurs de son côté », un art politique
  2. Hostile ou obscène, le mot d’esprit, selon Freud, qui blesse ou qui dénude
  3. Anthropologie politique de la barzelletta (Martin Rueff, « Berlusconisme, césarisme et langage politique »)
  4. Quand le politique se donne en spectacle, le montrer n’est pas le faire voir
  5. Avant l’âge de la représentation, la tyrannie de l’habitus
  6. « Il était une fois à Sienne un jeune homme, venu du contado, qui s’appelait Mattano, fils d’un riche vilain, qui avait été inscrit plusieurs années à l’art des épiciers ; et ne se sentant plus, il se croyait arrivé à la hauteur des autres citoyens » (Pseudo Gentile Sermini, Novelle, éd. Monica Marchi, XXV)
  7. Effacement de l’auteur et intertextualité
  8. Pour Odile Redon, historienne, traductrice et passeuse (traduction de la nouvelle de Mattano dans L’espace d’une cité. Sienne et le pays siennois (XIIIe-XIVsiècles), Rome, EFR, 1994, p. 127-132)
  9. Des formes médiévales de la distinction aux bords de la fiction : l’enchaînement des nécessités
  10. « Quand le vilain quitte le contado et vient habiter en ville, à peine a-t-il mis une cape de couleur, avec des chaussures à bonnes semelles, qu’il commence à se gonfler, se prenant pour un des grands.[…]. Qui une bonne fois le ramènerait au juste sens, ne pècherait certes pas contre l’Esprit saint » : la nouvelle comme rappel à l’ordre du parvenu
  11. Mattano, ou la tyrannie du nom propre
  12. Un rêve politique : la folie de croire vrai ce que les institutions disent d’elles-mêmes
  13. « Quand arriva en ville une épidémie, il décida de la fuir. Apprenant qu’à Abbadia a Isola on se trouvait bien, puisque dix jeunes Siennois s’y étaient réfugiés… » : le récit est un piège, l’île est une nasse
  14. « Comme ils étaient tous de bons jeunes gens, ils ne surent pas se libérer de lui » : Mattano, ou l’impossibilité d’être le onzième homme de la brigata spendericcia
  15. L’ordre par le bruit : la beffa et le « rire du châtiment social » (Lauro Martines)
  16. Vie biologique, vie biographique et fragilité ontologique
  17. Un charivari politique : quand toute la ville est de mèche pour travestir le travestissement
  18. Prendre l’imposteur au mot : Giannino di Guccio est-il lainier siennois ou roi de France ? (Tomaso di Carpegna Falconieri, L’homme qui se prenait pour le roi de France, 2018)
  19. Inverser n’est pas renverser : la portée subversive paradoxale de la fiction politique
  20. « D’après vous, que pour­raient penser les autres sujets – qui désirent être dirigés par des hommes d’importance – quand ils verraient Mattano siéger dans la seigneurie ? Ils ne seraient sûrement pas contents de se trouver sous un tel gouvernement, et ils voudraient tous faire aussi bien que lui ou mieux »
  21. Maintien, éloquence et alimentation, « trois manières de se distinguer » (Pierre Bourdieu)
  22. Dame Raison visite en songe le cuisinier Dalfino – « En conclusion, de sa part, je te dis que tu ne siégeras jamais dans un palais aussi sacré que celui‑là »
  23. L’issue carnavalesque, Mattano « pape des Sots et prieur des Meuglons »
  24. Mikhaïl Bakhtine, et l’inversion rabelaisienne du monde dantesque
  25. Verticalité de la fable du monde, horizontalité de la politique européenne (Karlheinz Stierle, Francesco Petrarca, ein Intellektueller Im Europa des 14. Jahrhunderts, 2003)
  26. En attendant Godot, « toutes les voix mortes ».