Karl Bühler, Penseur du langage, Colloque les 29 et 30 avril 2009

Linguistique, psychologie et philosophie

À l’occasion de la toute récente parution de la traduction française de la Sprachtheorie de Bühler (1934) – Théorie du langage. La fonction représentationnelle, éditée par Janette Friedrich et Didier Samain, Agone, janvier 2009 –, la chaire de philosophie du langage et de la connaissance du Collège de France (Pr Jacques Bouveresse) et l’UMR 7597 d’Histoire des Théories Linguistiques (HTL) du CNRS et de l’Université Paris-Diderot organisent les 29 et 30 avril au Collège de France, à Paris, un colloque intitulé : Karl Bühler, penseur du langage. Linguistique, psychologie et philosophie.

Née à un moment où la psychologie se constituait en discipline autonome, tout en restant nourrie par la réflexion philosophique, l’oeuvre de Bühler occupe, pour l’histoire contemporaine des sciences du langage, une position privilégiée, traversée de surcroît par les divers questionnements de l’époque. On a souvent mentionné sa relation critique à Wundt puis à la Gestalt, à la phénoménologie husserlienne et au Cercle de Vienne, et, du côté des linguistes, à la phonologie naissante. Ce ne sont là du reste que les interférences les plus notoires. En linguistique, l’oeuvre doit sans doute autant à Paul et Brugmann qu’à Troubetzkoy, et la remarque vaut mutatis mutandis pour les autres champs disciplinaires. L’originalité du médecin et philosophe de formation qu’était Bühler aura notamment tenu au dialogue qu’il a constamment mené avec les grands linguistes de son temps, sans être à proprement parler "linguiste" lui même.

Lontemps ignoré en France, Bühler y bénéficie désormais d’un réel intérêt. Dans ces conditions, la parution prochaine d’une traduction française de son oeuvre majeure, la Sprachtheorie, dont ce sera de surcroît la première édition critique, comblera une réelle lacune dans les publications francophones. Toutefois, tout comme le reste de l’oeuvre, l’accès à ce texte et la compréhension de ses enjeux n’en restent pas moins délicats. C’est ainsi, pour ne citer que cet exemple immédiat, qu’on crédite généralement Bühler, à juste titre, de la thèse que le langage ne se limite pas à sa fonction cognitive, puisqu’il possède aussi une fonction « "d’appel" et une fonction "d’expression". Or c’est pourtant bel et bien la fonction représentationnelle que l’auteur mentionne en soustitre de la Sprachtheorie, en lui conférant donc d’office un statut privilégié.

Parce qu’elle était en relation avec l’ensemble du savoir linguistique, psychologique et philosophique d’une époque particulièrement féconde pour les sciences humaines, l’oeuvre de Bühler engageait une réflexion générale sur le rapport entre langage et cognition, et entre sciences du langage et disciplines connexes. Elle invite aussi, et peut être plus fondamentalement, le linguiste et le philosophe d’aujourd’hui à réfléchir sur
nombre de notions (langue, phrase, …) qui constituent leur métalangage ordinaire.

Mercredi 29 avril 2009

Matinée Présidence : Didier SAMAIN

9h00 Ouverture : Jean-Jacques ROSAT (Collège de France)
Sylvie ARCHAIMBAULT (CNRS, HTL)
9h15 Janette FRIEDRICH (Université de Genève)
La force représentationnelle du langage
10h30 Pause
10h45 André ROUSSEAU (Université Lille III)
La dette de Karl Bühler à l'égard de deux prédécesseurs : Philipp Wegener et Alan Gardiner.
12h00 Pause-déjeuner

Après-midi Présidence : Sylvie ARCHAIMBAULT

14h00 Michel DE FORNEL (EHESS)
Champ déictique et champ symbolique
15h15 Fiorenza TOCCAFONDI (Université de Parme)
Karl Bühler's Theory of Perception
16h30 Pause
16h45 Jérôme DOKIC (EHESS)
Deixis à l'imaginaire et simulation
18h00 Fin de la première journée

Jeudi 30 avril 2009

Matinée Présidence : Janette FRIEDRICH

9h15 Didier SAMAIN (Université Paris 7)
Linguistique ou théorie du langage, généricité des concepts et axiomatisation des domaines
10h30 Pause
10h45 Perrine MARTHELOT (université Paris1, EXeCO)
De la Crise de la psychologie à la Théorie du langage : le langage aux prises avec le monde
12h00 Pause

Après-midi Présidence : Jean-Jacques ROSAT

14h00 Kevin MULLIGAN (Université de Genève)
Signification vs vouloir dire chez Bühler, Wittgenstein et leurs contemporains
15h15 Federico ALBANO LEONI (Université de Rome “La Sapienza”)
Karl Bühler et la physionomie acoustique des mots : les occasions manquées de la phonologie
16h30 Pause
16h45 Jacques BOUVERESSE (Collège de France)
Karl Bühler et le mode de pensée axiomatique dans les sciences du langage
18h00 Fin du colloque

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