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Presentation

Le savant peut-il se tenir au-dessus de la mêlée pour aborder une question aussi brûlante que la place de l’immigration dans nos sociétés ? Face aux discours qui voudraient persuader que la France, trop généreuse, se laisse submerger par les flux migratoires, il se doit de prendre la mesure des choses en menant des analyses rigoureuses.

François Héran relève le défi. Si la progression de l’immigration est une tendance lourde, la France n’est nullement le pays le plus attractif d’Europe. L’appel d’air créé par notre protection sociale est un mythe.

En brisant les idées reçues, le savant se heurte nécessairement au politique qui interfère dans le champ scientifique et frappe l’opinion à coups d’arguments chiffrés. Il rappelle ce faisant que tenir compte des productions de la recherche dans le débat public n’est pas une option, mais une nécessité.

François Héran est professeur honoraire au Collège de France, où il a été titulaire de la chaire Migrations et sociétés de 2017 à 2025. Il a notamment dirigé l’Institut national d’études démographiques (Ined) et fondé en 2017 l’Institut Convergences Migrations.
ISBN
978-2-7226-0879-5
Number in collection
27
Publication date
Language
français
Number of pages
152
Price
10.00 €
Distribution
FMSH-Diffusion
Format
Édition imprimée

Table of contents

Regards croisés sur les migrations : un parcours personnel et collectif

Les faits : la France à sa place

L’hospitalité en procès

Annexes : l’immigration en graphiques

Excerpts

« Dans les années 2000 encore, quand je dirigeais l’Ined, je me contentais d’une morale provisoire qui dissociait les deux moments de l’observation et de l’analyse. En présence d’un sujet controversé et sensible, le chercheur devait, selon moi, alimenter le débat public sans prétendre le trancher. Il lui suffisait de déposer sa marchandise sur un carrefour accessible à tous, avec l’espoir que des passants bien intentionnés déballent le produit et l’utilisent à bon escient. À l’expérience, cette tactique du dépôt-retrait a échoué. Je n’ai pas tardé à découvrir qu’il y avait parmi les passants des faiseurs d’opinion bien décidés à ne pas lire les travaux des chercheurs ou des statisticiens, mais plutôt, si je puis dire, à les mélire, préférant manier les arguments ad hominem plutôt que de procéder à une réfutation sur le fond. J’ai compris que la candeur n’était plus de mise et que le chercheur devait répliquer en exerçant un droit de suite, accepter d’entrer dans le débat, revendiquer hautement le fait qu’un travail d’observation et de recherche accompli dans les règles de l’art n’est pas une opinion comme une autre. »