19 nov 2018
11:00 - 12:00
Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Résumé

Après les révoltes des années 8 et 9, la reconquête du Sud par Samsu-iluna fut de courte durée. Au plus tard à la fin de l’an 11, la documentation écrite s’interrompit dans les régions d’Ur, Uruk et Larsa et ce pour plusieurs siècles : on a pu repérer des indices archéologiques montrant que ces sites ont été abandonnés pendant une longue période, jusque dans le courant de l'époque kassite, au XIVe siècle. Les raisons de ce phénomène sont encore obscures. Certains ont mis en avant des causes politico-militaires, comme un raid élamite : mais cela n'explique pas que ces villes n'aient pas été réoccupées. D'autres ont mis l'accent sur la dimension écologique des transformations qui se sont opérées : un déplacement sensible du cours de l’Euphrate aurait eu des conséquences dramatiques sur les possibilités locales d’irrigation. Cela pourrait expliquer la montée en puissance de la « Dynastie de la Mer », depuis la région des marais. Si les raisons et les conditions de leur départ ne sont toujours pas élucidées, le sort des habitants du Sud sumérien est en revanche de mieux en mieux connu : il semble qu’un exil massif vers la Babylonie du Nord se soit alors produit.

Un grand nombre d’habitants d’Uruk s'est réfugié à Kiš. Leur déplacement a pu être mis en évidence de différentes façons. On s'est d'abord aperçu que dans la ville de Kiš, sous les derniers rois de la 1re Dynastie de Babylone, à côté des divinités locales traditionnelles, on trouvait des divinités caractéristiques de la ville d'Uruk, comme Ištar-d'Uruk, Nanaya et Kanisurra, ainsi que le clergé chargé de leur culte. Par la suite, on a repéré des traces de la présence dans le Nord de réfugiés venus d'Uruk dès le règne de Samsu-iluna. Une lettre récemment publiée par A. George en a fourni un témoignage supplémentaire : « Dis aux Urukéens : ainsi (parle) Etel-pi-Nabium. Je viens d'envoyer Samsu-iluna-kima-ilim pour recueillir le grain destiné à être vendu qui vous incombe. Livrez-lui le grain en fonction de la teneur de vos documents scellés : un seul litre de grain ne doit pas manquer ! » (CUSAS 36 107). Tous les Urukéens exilés ne se retrouvèrent pas à Kiš : les traces les plus anciennes concernent des gens d'Uruk qui travaillaient comme jardiniers dans les palmeraies de la région dite du « Yahrurum inférieur » à partir de l’an 11 de Samsu-iluna.