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Il y a les bibliothèques visibles, les bibliothèques matérielles, constituées d’étagères et de livres parmi lesquels il est possible de circuler physiquement. Et puis il y a les bibliothèques invisibles ou immatérielles. Invisibles, elles peuvent l’être pour plusieurs raisons  : parce qu’elles sont mentales, parce qu’elles sont cachées, parce qu’elles sont perdues, parce qu’elles n’existent pas encore. Or, ces structures invisibles ne sont pas les moins prégnantes ni les moins vastes : il y a plus de livres oubliés ou perdus que de livres dont on se souvient. Peut-on reconstituer ces œuvres disparues ou qui n’ont jamais vu le jour ? Peut-on concevoir d’autres bibliothèques, d’autres étagères, d’autres listes ou canons, où figureraient d’autres textes que nous ne connaissons pas, perdus, oubliés, négligés ? Ou, pour le dire autrement, y a-t-il une place pour une littérature autre ?