— Du bien diffusif de soi

Du bien diffusif de soi

Le mal se répand et semble parfois prévaloir. Pourtant, comme l’enseigne Jean Starobinski dans son essai Action et réaction, à chaque poussée, dans la société, dans une direction, il existe une réaction opposée de contrepoids tendant à restaurer un équilibre momentanément menacé.

C’est ainsi qu’il faut également lire le temps présent, épidémique, certes, et empli de souffrance ; et néanmoins – puisque « tout bien est diffusif de soi » [Saint Thomas dans le Commentaire des Sentences de Pierre Lombard] –, il doit être reconnu et pratiqué, comme le montrent, dans le mal, toutes les manières de s’opposer à lui : le dévouement des médecins et des infirmières, l’abnégation au travail de ceux qui subviennent à nos besoins élémentaires, le renouveau de la curiosité pour l’école – grâce aux leçons et aux devoirs transmis chez soi –, y compris de la part des parents, et, qui sait, le plaisir de la lecture et du silence.

Dernier grand avantage : un « bien viral » n’est jamais nocif et s’avère plus contagieux que le mal, parce qu’il suscite souvent une saine émulation. Il n’a pas besoin de remèdes et peut s’exercer même si – et d’autant plus que – l’on est confiné. Paraphrasant la Lettre aux Romains et les méditations de Saint Augustin sur cette dernière, nous pouvons dire : « Ubi abundavit malum, super abundavit gratia » (Rom 5, 20), où a abondé le mal, là excédera la grâce. Non praevalebunt.