31 mai 2016
15:00 - 16:30
Amphithéâtre Guillaume Budé, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Les maladies auto-immunes représentent la troisième cause de morbidité et de mortalité dans notre pays. L’enjeu de santé est important, et ce d’autant qu’il s’agit de maladies chroniques pour lesquelles il n’existe pas à ce jour de traitement immunosuppresseur spécifique susceptible de réduire le risque de complication des traitements immunosuppresseurs : infections et cancers. Nous ne savons pas encore si les progrès dans la compréhension des physiopathologies de ces maladies (cf. cours 1, 3, 5) sont susceptibles de se traduire en progrès thérapeutiques. Au cours des soixante dernières années, un arsenal médicamenteux s’est développé, fait de molécules chimiques immunosuppressives effectrices selon différents mécanismes mais toutes actives de façon non spécifique, c’est-à-dire aussi bien sur les lymphocytes autoréactifs que non autoréactifs. Depuis vingt ans, une série d’anticorps monoclonaux thérapeutiques ont été développés qui agissent soit en détruisant les lymphocytes B (ou T), soit en neutralisant telle ou telle molécule effectrice des réponses immunes. Leur spectre d’efficacité est variable mais leur utilisation croissante a considérablement enrichi l’arsenal thérapeutique dont l’utilisation reste cependant fondée sur des bases très empiriques. De nouvelles perspectives s’ouvrent, fondées sur des approches expérimentales actuelles, telles :

  • la conversion des cellules effectrices en cellules « inoffensives » fondées sur leur plasticité physiologique, ce pourrait être le cas de modification de comportement de T effecteurs TH17 impliqués dans de nombreuses pathologies auto-immunes ou inflammatoires ;
  • la modulation de la présentation d’autoantigènes, par exemple en inhibant les modifications traductionnelles de protéines dans les cellules dendritiques ou en bloquant l’activation des récepteurs de l’immunité innée par des signaux de « danger » (débris cellulaires, corps apoptotiques, etc.) ;
  • l’inhibition de l’interféron de type 1 qui pourrait être impliqué dans certaines formes de lupus disséminé en inhibant sa production, en le neutralisant ou en bloquant chimiquement ses effets ;
  • l’amplification ou l’induction de lymphocytes T régulateurs, idéalement spécifiques des autoantigènes en cause dans une maladie auto-immune donnée. L’utilisation de l’IL2 à faible dose est une piste possible en cours de test, ainsi que l’utilisation plus lourde de thérapie cellulaire consistant en des lymphocytes T régulateurs activés in vitro.

Enfin, l’induction de tolérance par expression ectopique dans le foie d’un autoantigène obtenu par transfert de gène est une piste explorée chez l’animal, de même que la génération de lymphocytes T rendus capables de détruire sélectivement des lymphocytes B auto-immuns. Ces voies de recherche sont multiples, leur succès dépendra de leur meilleure adaptation possible à la connaissance de la physiopathologie de ces maladies.