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Après avoir suivi, l’an dernier, l’émergence, au IIIe siècle après J.-C., d’une nouvelle forme écrite de l’égyptien, le copte, et scruté les milieux dans lesquels ce dernier s’est développé ainsi que les modalités de sa diffusion, les cours de cette année se sont fixé comme objectif d’examiner la façon dont le copte, indissociable du christianisme, a cohabité avec le grec, langue officielle depuis la conquête d’Alexandre. Cette cohabitation fut tout sauf statique et les domaines de spécialisation qu’occupèrent copte et grec évoluèrent très sensiblement.

Si, dans un premier temps, l’usage du copte s’est restreint à la communication d’ordre privé et/ou religieux (correspondances entre particuliers ou entre membres de communautés monastiques) tandis que le grec avait le monopole de l’écrit administratif et juridique ainsi que celui de la création littéraire, la situation change au cours du VIe siècle. Le copte commence alors à pénétrer les domaines qui lui étaient jusqu’ici fermés : il devient un idiome de production littéraire à grande échelle ; il se fait peu à peu une place dans la liturgie ; il acquiert le statut de langue juridique apte à la rédaction des transactions réglementées entre particuliers ; il finit même par être utilisé dans les rapports entre pouvoir et administrés. Les raisons de sa stagnation durant les presque trois premiers siècles de son histoire (à laquelle on trouve des parallèles dans d’autres sociétés hellénophones du Proche-Orient) et de son émancipation croissante à partir de 550 méritent d’être dégagées.

Derrière la question des langues et de leurs relations concurrentielles, ce sont les profondes mutations culturelles, religieuses et politiques que connaît la société de l’Antiquité tardive qui sont en jeu. Le multilinguisme est l’une des clés de la compréhension de ces évolutions.

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