04 avr 2013
14:00 - 15:00
Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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La question de la mort est une question centrale dans tous les systèmes religieux ou philosophiques de l’humanité. L’Égyptologue Jan Assmann remarque avec raison : « Der Tod oder, besser, das Wissen um unsere Sterblichkeit ist ein Kultur-Generator ersten Ranges [1] » (La mort, ou mieux, la connaissance de notre mortalité est un générateur de culture de premier ordre).

Dans l’Israël ancien comme dans le POA, la mort est d’abord le destin inéluctable de l’homme : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre, puisque c’est d’elle que tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras à la poussière (Gn 3,19) ». Une conception comparable se trouve dans le Ps 90 où la mortalité de l’homme est mise en relation avec la colère ou le jugement de Dieu. On trouve ici une information intéressante sur l’âge maximum des hommes, 70 à 80 ans, qui, à l’époque du Psalmiste, est certainement un âge très respectable et exceptionnel.

Dans l’Israël ancien comme dans les pays voisins, la mort était donc considérée comme mettant fin à l’existence humaine. Bien que certains textes décrivent les difficultés de l’âge, une mort à la fin d’une vie bien remplie était comprise comme signe de la grâce divine, comme l’atteste l’expression « mourir vieux et rassasié de jours » (Gn 25,8). Une mort prématurée est comprise comme malheur extrême, voire comme une sanction divine, comme par exemple dans l’histoire de Job où celui-ci est confronté avec la mort de tous ses enfants (Qo 7,17).

Références

[1] J. Assmann, « Tod und Kultur », in R.-M.E. Jacobi, P.C. Claussen et P. Wolf (éd.), Die Wahrheit der Begegnung: anthropologische Perspektiven der Neurologie. Festschrift für Dieter Janz (Beiträge zur medizinischen Anthropologie), Würzburg: Königshausen und Neumann, 2001, p. 399-416, 405.