19 fév 2018
16:00 - 17:30
Amphithéâtre Maurice Halbwachs, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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De nombreux gènes liés au chromosome X chez les mammifères sont impliqués dans les déficiences intellectuelles (XLID). Dans ce cours, j’étudie certains de ces gènes, comme Mecp2, dont l’absence est très nocive (létalité chez les mâles ; syndrome de Rett chez les femelles), mais la double dose est aussi délétère chez les garçons avec une duplication Mecp2. Ceci illustre à quel point le dosage précis est important.

J’analyse également les avantages sélectifs liés aux différences de dose des gènes liés au chromosome X pour les fonctions spécifiques du cerveau chez les hommes et les femmes. Bien que les hormones aient dominé les théories des origines des différences sexuelles, au cours des deux dernières décennies, le déséquilibre sexuel des effets des chromosomes X et Y a été clairement démontré comme causant des différences sexuelles dans les tissus non gonadiques qui ne sont pas médiées par les hormones gonadiques. Des gènes spécifiques liés au chromosome X sont des candidats de choix pour ces effets.

Je décris comment l’XCI aléatoire ainsi que l’échappement variable de certains gènes résultent en une mosaïque cellulaire au sein des individus XX, et entre eux. Chaque femelle est une mosaïque unique pour l’expression génique liée au chromosome X : le résultat dépendra de l’interaction de tous les allèles entre les deux X (actifs), ainsi que de la variation inhérente de l’initiation de l’inactivation « aléatoire », également dans le mélange et la migration cellulaire. Dans ce cours, j’étudie les avantages du XCI aléatoire par rapport à l’hétérozygotie simple dans le cerveau et la façon dont les possibilités fonctionnelles augmentent en combinant des phénotypes cellulaires. J’analyse également certaines situations dans lesquelles, à l’inverse, il y a une incompatibilité entre cellules exprimant l’un ou l’autre allèle d’un gène lié au chromosome X (le récepteur de l’éphrine et son ligand EFNB1). Ceci peut conduire à certains troubles cranio-faciaux ainsi qu’à une forme d’épilepsie spécifique aux femmes.

Les gènes qui échappent à l’inactivation du X sont particulièrement présents dans le contexte de maladies spécifiques aux femmes. Certains gènes y échappent toujours, alors que d’autres varient d’un individu à l’autre et à l’intérieur d’un même individu. Les gènes qui y échappent de manière constitutive sont conservés (par exemple : Jarid1c, Utx). Les gènes qui y échappent de manière variable sont moins conservés. Le moment et le lieu de l’échappement semblent aussi importants : la posologie peut varier au cours du développement et chez les adultes. Plusieurs de ces gènes sont impliqués dans des maladies auto-immunes.