05 fév 2018
16:00 - 17:30
Amphithéâtre Maurice Halbwachs, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Dans ces deux cours, je présente la régulation épigénétique du chromosome X. Je commence le cours en présentant les bases moléculaires des stratégies de compensation de dose dans différentes espèces XX/XY, comme la mouche de vinaigre, Drosophila melanogaster et le nématode Caenorabditis elegans, afin de comparer ces stratégies de compensation de dose très différentes, avec l’inactivation du X chez les mammifères. La détermination du sexe et la compensation de dose sont déclenchées par la même voie chez la drosophile et C. elegans – mais pas chez les mammifères où la dose XX déclenche l’inactivation d’un X, alors que la présence du gène Sry déclenche le sexe masculin.

En 1961, Mary Lyon a proposé, sur la base d’études génétiques chez la souris, que chez les mammifères femelles, l’un des deux chromosomes X devient inactif, et forme le corpuscule de Barr. Plus précisément, elle a émis l’hypothèse qu’au début du développement embryonnaire, soit le chromosome X paternel, soit le chromosome X maternel est inactivé dans chaque cellule et que cet état inactif est alors propagé à travers les divisions cellulaires conduisant à la mosaïque cellulaire chez les femelles pour l’expression des gènes liés à l’X.

L’hypothèse de Lyon dans son article de 1961 marquait le début du domaine de l’inactivation du X ainsi qu’une renaissance dans le domaine de l’épigénétique. Ce processus, à l’intersection de la biologie du développement et de la génétique, est rapidement devenu un paradigme pour l’épigénétique ainsi que pour la formation de l’hétérochromatine. Grâce aux études sur le chromosome X inactif, on pourrait comprendre comment l’organisation de la chromatine influence la fonction du génome et l’expression des gènes dans un contexte développemental.

Dans ce cours, je présente l’état de nos connaissances actuelles sur ce processus épigénétique à l’échelle d’un chromosome entier. En particulier, je souligne le fait que certains gènes peuvent échapper à l’inactivation suggérant que certains gènes sont plus sensibles à la dose que d’autres – et cela peut varier d’un individu à l’autre et dans différents tissus. Les différences de dose, et ces variations d’expression des gènes sur le X, pourraient avoir des conséquences importantes pour les différences entre les hommes et les femmes – et entre les femmes. Les cours suivants se focalisent sur ces considérations.