22 jan 2019
16:30 - 17:30
Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Résumé

Dans son Carnet 1, Proust, on l’a vu, fait part de ses doutes concernant la forme de son œuvre ; il ne sait pas encore s’il écrira un « roman » ou « une étude philosophique ». Ce dernier terme, rival du mot essai, est souvent utilisé par l’écrivain, qui lui assigne des significations variées. Dans la Recherche, il désigne tout d’abord les travaux intellectuels : ceux de Norpois, qui publie de « savantes études », de préférence dans la Revue des Deux Mondes, considérée par Proust comme le périodique idéal pour publier ce genre de textes ; mais aussi ceux de Swann, occupé par une « étude sur Vermeer ». Lorsque Odette évoque les recherches de son amant, elle parle tantôt d’« étude », tantôt de « travaux », les deux mots étant peu ou prou équivalents. Ces études savantes, liées aux « vieux papiers », font toujours référence à l’érudition ainsi qu’à la « bouquinaille ». Leur académisme risque de les rendre ennuyeuses. Odette déplore d’ailleurs que Swann ne fasse pas montre d’autant d’esprit dans « ses études » que dans ses lettres ou dans sa conversation. Elle soulève par là une question essentielle aux yeux de Proust : comment rendre le roman spirituel, sans l’abaisser ? Il s’agit de retrouver dans l’écriture le « tact » de la conversation, tout en évitant, d’une part les défauts d’un Sainte-Beuve qui se contente de faire de la critique de salon dans ses Causeries ; et d’autre part la lourdeur des « travaux d’érudition » d’un Brichot, le personnage d’universitaire de la Recherche.

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